XV. — CIOLOGIE GJgNJ^RALE
La biologie est une partie considerable de Toeuvre scientifique d* Aristote. Sans doute il a pu utiliser maints
(1) Sources : Meteorologica, IV. Voir aiissi les quelqiies indications qui nous restent sur I'ouvrage perdu IJepi jxExaXXwv, lequel elait peut- 6tre d'Aristote, raais plus vraisemblablement de Theophraste.
(2) Sources : llistoria animaliiim; De partihus animalium ; De generatione animalium; De anima; les Parva natuvalia^ notamment : le De longitudine et hrevitate vitas. Le De plantis n'est sans doute pas d'Aristote, mais il est ne de son enseignement. Aristote cite aussi son traile d'Anatomie^ ouvrage perdu : c'elaient des descriptions avec figures anatomiques.
travaux de ses devanciers, notamment de Democrite, mais il les a tellement depasses qu'il apparait comme le veritable cr6ateur de la biologie chez les Grecs. II precede avant tout par observation, la determination des ph6nomfenes devant prec6der la recherche des causes. A I'observation pure et simple, il parait avoir joint la dissection. II va de i'anatomie k la physiologie ; et il appuie, d'une mani^re generate, la biologie sur la physique, en lui donnant pour base la connaissance des quatre elements. II a aborde, non seulement tons les probl^mes concevables de son temps, mais presque tons ceux qui pr6occupent la science moderne. Les solutions qu*il presente sont en general soigneusement d6montr^es ; et ses raisonnements sont corrects et ingenieux, elant donnes lesfaits alors connus. Souventaussi, il faut le dire, ses explications sont arbitraires ou surtout metaphysiques ; parfois mfime, il parait accorder a de simples legendes la valeur d'une demonstration.
La vie est un mouvement. Or tout mouvement suppose, et une forme qui meut, et une matifere qui est mue. La forme est Tame, la matiere est le corps. Ni r&me n'estun corps, ni elle n'est sans corps. L'ame meut sans se mouvoir, elle est immobile, et non, comme le voulait Plalon, automolrice. Comme forme du corps elle en est le but ; le corps n'est que I'inslrument de Tdme, et sa structure se regie sur cetle destination. Aristote d6finit proprement Tame Tent^lechie premiere d'un corps physique organique. Cela veut dire qu
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Tame est la force permanente qui meut le corps et determine sa constitution.
II est naturel que la finality de la nature apparaisse dans les 6tres vivants plus clairement que partout ailleurs, parce que, chez eux, tout est, desle point de depart, calcule en vue de Time. Mais, comme la forme ne triomphe de la resistance de la matifere que pen k peu, la vie psychique a des degr6s, lesquels sont essentiellement au nombre de trois : la nutritivit^, la sensibilite, rintelligence. La nutritivite est la quality fondamentale des fetres vivants. C'est d'elle que procfedent le d^veloppement vital et la mort. EUe existe chez les plantes comme chez les animaux. Ceux-ci ont en plus la sensibility. L'homme, animal sup6rieur, a la nutritivite, la sensibility et Tintelligence.
La biologic aristot^licienne traite principalement des animaux. Le corps des animaux est fait de substances homoeom^res, lesquelles sont un melange des substances elementaires. La mali^re immediate de V&me est le souffle (irveGpia), principe de la chaleur vitale, corps voisin de Tether, avec lequel Ykme se transmet, dans la semence, du pere a Tenfant. Le siege principal de la chaleur est Torgane central, c'est-i-dire, chez les animaux pourvus de sang, le coeur. Dans le coeur est cuit le sang, apr^s qu*il s'est form6 des substances nutritives apport6es par les veines ; et le sang, nourriture definitive, alimente et entretient le corps. II devient chair, os, ongle, corne, etc. Le pouvoir nutritif des
aliments ne vient pas de ce qu'ils contiendraient des particules de chair, d'os, de moelle, lesquelles iraient direclement s'unir aux substances semblables existant dans le corps ; mais c'est grdce a une suite de coctions que Taliment arrive k I'elat qui lui permet de s'assimiler k Torganisme. Trfes pr6cis sur Tassimilation, Aristote ne parait pas avoir Tid^e de la desassimilation.