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CLASSIFICATION DES SCIENCES

Sans être arrivé à la précision ni même à la fixité dans le détail, Aristote n'en est pas moins le premier qui ait conçu la science à un point de vue encyclopédique, et qui ait cherché un principe do classification complète des connaissances.

La science, d'abord, se distingue nettement des choses mêmes auxquelles elle se rapporte. Elle consiste dans la conception des choses comme nécessaires ; et elle comporte des degrés, selon que l'objet qu'elle considère comporte lui-même la nécessité, ou seulement la probabilité.

La science, dans son ensemble, suit une double direction, selon que l'esprit humain prend pour point de départ ce qui est premier à son point de vue, ou ce qui est premier absolument. Ces deux marches sont exactement l'inverse l'une de l'autre : car ce qui est premier pour nous, ce sont les faits, et les faits, selon l'ordre interne de la nature, sont ce qui existe en dernier lieu ; réciproquement, ce qui est premier en soi, ce sont les principes, et les principes sont la dernière chose que nous puissions atteindre.

La philosophie, au sens large du mot, est la science

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en général. Elle comprend, en premier lieu, la philosophie première ou science des principes inconditionnés; en second lieu, l'ensemble des sciences particulières,' dont les principales sont : la mathématique, la physique 1 éthique et la poétique. La philosophie est une, grâce à la philosophie première qui est le réservoir commun où toutes les sciences particulières puisent leurs principes. Cette division, quoique fondamentale, ne reparait pas toujours dans les classifications des sciences que Ton trouve chez Aristote. En certains endroits il divise les propositions, à la manière des platoniciens, en élàiçnes physiques et logiques, ces dernières comprenant les propositions mêmes qui se rapportent à la philosophie première.

Le plus souvent il divise les sciences en théoriques pratiques (ou relatives à lactionj et poétiques (ou relatives à la production au moyen d'une matière), en mettant, au point de vue logique et absolu, la théorie avant la pratique, la pratique avant la poétique. Puis il subdivise les sciences théoriques en théologie, mathématique et physique. La théologie peut être rapprochée de la philosophie première : elle en forme le sommet. Les mathématiques s'occupent d'essences stables encore mais non séparables d'avec la matière, si ce n'est pa,' abstraction. La physique s'occupe des substances sensibles, c'est-à-dire mobiles et périssables. Les sciences pratiques ou sciences des choses humaines se subdivisent, .SI l'on va de la puissance à l'acte, c'est-à-dire de

ce qui est premier pour nous à ce qui est premier en soi, en éthique, économique et politique. L'économique, à vrai dire, est souvent donnée par Aristote comme rentrant dans la politique. La rhétorique est surtout présentée comme une science auxiliaire de la politique. La poétique comprend tous les arts, parmi lesquels la poésie et la musique tiennent le premier rang. Dans cette classification il n'est pas fait mention de la logique. C'est sans doute que cette classification n'embrasse que les sciences portant sur des réalités, tandis que la logique porte sur les concepts.

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