‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 12 sur 141 · Erdra · texte numérisé non relu

Erdra

mouvement et qui, de plus en plus, allaient ne voir dans l'atome qu'une masse élémentaire, abstraction faite de sa figure : s'il fallait rapprocher l'atomisme de Leibnitz de l'atomisme des modernes, il faudrait le mettre plus près de l'atomisme de nos chimistes que de l'atomisme de nos mathématiciens : qu'on en juge par le texte suivant tiré du De arte combinatoria : « Siquidem verum est grandia ex parvis, sive haec atomos, sive hœc atomos siva moleculas voces, componi, unica ista via est in aream naturae penetrandi, quando eo quisque perfectius rem cognoscere dicitur, quo magis rei partes et partium partes, earumque figuras positusque percepit. Haec figurarum ratio primum abstracte in geometria ac stereotomia pervestiganda ; inde ubi ad historiam naturalem exislentiamque, seu id quod rêvera invenitur in corporibus, accesseris, patebit Physicae porta ingens, et mixturae origo et mixtura mixturarum, et quicquid hactenus in natura stupebamus *. »

On voit par ce passage quelle importance il attache à la figure des atomes, sur laquelle semblent devoir porter avant tout les spéculations du géomètre, en quoi il rappelle l'importance excessive attachée aux figures des atomes par l'atomisme antique, c'est-à-dire par Démocrite, par Ëpicure, et même par Gassendi. Et c'est de ce point de vue qu'il résout l'unique problème spécial qu'il ait traité, à notre connaissance, en partant des principes de l'ato- " misme. Il s'agissait d'expliquer pourquoi, d'après le témoignage de Sextus Empiricus Q , Anaxagore a pu dire que la neige est noire ; et Leibnitz s'efforce de donner cette explication 3 en marquant le rapport de toute qualité sensible, qui est toute subjective, avec la position et la figure des atomes qui est la seule réalité correspondant à la sensation. Il établit d'abord que la couleur, de même qu'en général toute qualité sensible, est un état de la conscience, une image :

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