‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 121 sur 141 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

les rapports constituants de ce fini sur l'infiniment petit ;

"** 1a fini pour lui est toujours antérieur à l'infiniment Quand Leibnitz reporte sur l'infiniment petit cette iorité, et quand il le fait être avant le mouvement et que le mouvement, il ne se contente donc plus, comme omètre, d'y voir simplement un moment du mouve- ; de fait, il le transfigure, et en fait non seulement le aencement, mais le principe. Or comment le serait-il, 'était, bien plutôt que l'infiniment petit, ce par quoi ; tout les infiniment petits du mouvement se répè- Et comme il arriverait s'il était successivement ces ment petits, et si, en fin de compte, il en était la le, qu'il serait le mouvement lui-même, il est donc au plus le premier d'entre eux, ou, pour mieux dire, ce par quoi le premier se répète en tous les autres, ccède à lui-même et se somme ou s'intègre dans l'esparcouru pendant que le temps s'écoule. Il est ce qui trouve à travers la durée le même sans se répandre, i est le principe de ce qui se répand, principe par qui mence et se continue le mouvement, sans être jamais ême un moment du mouvement. Il dure donc comme ipe, tandis que, comme partie intégrante du mouve- , il ne saurait durer : ce qui revient à dire qu'il dure du mouvement, tandis que dans le mouvement chaque at de la durée le voit naître et périr, ilà pourquoi Leibnitz, à cette proposition selon lae « Nullus conatus sine motu durât ultra momen- ), croyait avoir le droit, si l'infiniment petit se répète le mouvement existe, d'ajouter : « praeterquam in ibus ». Il y dure sans se répandre, comme le mouvelui-même, dans l'espace ; et c'est ce qui, foncière- , le distingue à la fois du mouvement et du corps ; ure comme souvenir à l'égard de l'esprit, et, à l'égard ouvement, dont il est le principe, il y dure comme tenî : en sorte que la tendance, sans laquelle le mouveni ne se continuerait, ni en somme ne serait, est au souvenir, pensée ou conscience, et qu'il n'y a pas

plus de tendance sans souvenir que de souvenir qui n'ei veloppe toujours quelque tendance.

A peine est-il besoin de faire remarquer en quoi ce déductions dépassent la portée d'une simple différente tion : l'illusion de Leibnitz est d'avoir cru pourtant qu'elle ne la dépassent point, et qu'on peut éclaircir géométrique ment la nature de l'âme. A quels excès géométrique cette vue devait le conduire, nous le savons déjà. Mais e est-il moins vrai qu'il lui doit sur l'esprit et sur le mouv< ment des vues essentielles qui resteront à la base de s doctrine future ? Désormais, le mouvement ne lui appj raîtra plus que comme une expression d'une réalil plus haute, peut-être même d'une chose qui seule vra ment possède une réalité. Dans la lettre à Arnaiild, déj ne prononce-t-il pas le nom de la substance *, pour désigne le fondement du mouvement ? Et dès lors que l'esprit s< rait seul substantiel, tout le reste, le mouvement cjui n'e est que la diffusion dans l'espace, et l'espace lui-mêm (qui n'est que la condition de cette diffusion, s'il n'en e.« même la suite), pourraient bien n'être plus que des mod* lilés. A l'horizon de la Theoria motus abstracti, Yordre de phénomènes ou des modalités apparaît en opposition ave l'ordre des substances, et s'y suspend déjà comme au sei réel ; et le terrain en tout cas est ferme sur lequel do s'édifier un jour la Monadologie.

Au reste, YHypothesis ou les œuvres voisines ne pr< parent pas seulement ce monisme de l'esprit sur leque s'édifiera le système ; on y entrevoit déjà la monade fi ture avec les plus intimes de ses caractères. La multipl cité des principes du mouvement, voire même d'autant d tels principes qu'il existe dans le plein et l'espace infini de mouvements distincts, ressort de la méthode par h quelle on les découvre ; mais ce sont là plutôt des éle ments de conscience ou des consciences élémentaires, qu ce ne sont des esprits au vrai sens du mot : il n'y a pa

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