Barni, I, p
spectata) et toute expérience possible. L'originalité fonde de ces synthèses consiste en ce qu'elles poss» d'une part l'universalité la plus haute qui se puisse cevoir dans la connaissance humaine, car elle est adé< à l'universalité des catégories mômes, que le temps met en action en n'y apportant que le minimum inévi de restriction sensible. Mais d'autre part la souples* temps est telle que le « Je pense » y dessine les fo universelles de la possibilité d'une nature, insistons d; tage encore, de la possibilité de toute nature conce pour un « Je pense » doué d'un sens intérieur, sans de à cette nature autre chose que des conditions ur selles d'intelligibilité, bref une Gesetzmâssigkeit, une formité générale à des lois, bien plutôt que des lois prement dites et positives. Et c'est ce dont, après nous avons un sentiment très vif, lorsque nous disom la science ne saurait chercher et découvrir des lois une nature dont nous sommes sûrs d'avance qu'ell soumise à des lois (gesetzmâssig). Or la condition sup d'une nature est, en un sens, le Moi pur et ses con purs ; mais en un autre sens une nature n'est possil en tout cas connaissable pour nous que par une con< sensible qui à la fois la réalise comme telle (comme p mène) et donne naissance aux schèmes d'où dérivei règles universelles et les formes suprêmes de son tence. C'est à ces règles purement formelles que K réservé le nom de « principes (Grundsàtze) de l'ent ment pur », par opposition aux lois naturelles et i aux propositions des mathématiques (Sâtze) qui y tro leur fondement, mais qui l'y trouvent, comme déjà or s'en rendre compte, tout autrement qu'une conséq logique ne trouve le sien dans les prémisses d'où la c la logique ordinaire.
264 études d'histoire de la philosophie.
Les Grundsâtze en effet ne sont pas autre chose qu'une expression aussi compréhensive et aussi exacte et précise que possible, des schèmes transcendantàux. Pas plus que les schèmes ils ne sont donc des états fixes, et pour ainsi dire statiques de la connaissance, enveloppant avec les synthèses de l'entendement des données intuitives, et aboutissant par conséquent (ils ne le font pas du moins d'une manière immédiate) à ce que Kant appelle des concepts empiriques et des objets d'expérience et de science. Même l'idéal serait qu'ilslaissassent transparaître ce qu'il y a de vie, d'action, ou, comme dit Kant, de spontanéité en même temps que d'universalité, dans le schème transcendantal.
Mais ne semble-t-il pas que si cette spontanéité n'était inexprimable, le Grundsaiz et le schème deviendraient indistincts et ne seraient au fond qu'une seule et même chose ? Kant à la vérité les distingue l'un de l'autre : lorsqu'il songe à faire des Grundsâtze une déduction régulière et systématique, la formule qui résume sa méthode paraît bien être la suivante : Schématisez la catégorie, et le schème obtenu vous donnera le Grundsaiz. Il y a plus : le Grundsatz est un jugement synthétique a priori, tandis que le schème, sorte de « monogramme de l'imagination pure a priori » *, comble pour ainsi dire l'intervalle de la catégorie au Grundsatz, et ressemble plus à l'unité de la première qu'à la forme du jugement que prend nécessairement le second. Or, à y regarder de près, ces distinctions nous livrent-elles le rapport véritable du schème et du Grundsatz? Kant n'a jamais dit, sans doute, en termes exprès, que le schème fût un jugement ; mais si Ton songe qu'il ne faut pour constituer un jugement que deux éléments, un principe d'unification ou de synthèse, et une