‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 55 sur 141 · Th. 10 et Th. 8 et 9, p · texte numérisé non relu

Th. 10 et Th. 8 et 9, p

à tenir de la masse : pour Leibnitz, comme pour Hobbes, dont d'ailleurs il emprunte non seulement les principes, mais toute la théorie, le choc se ramène à une composition de vitesses pures et simples et rentre tout entier dans la phoronomie.

Mais il s'ensuit encore une autre conséquence, d'une portée plus haute : c'est que pour qui ne voit dans le mouvement que la vitesse, ou le changement de lieu, et dans le corps que l'antitypie en vertu de laquelle il remplit l'espace, dans l'un et l'autre enfin que ce qu'y voit le géomètre, le corps, sans le mouvement, n'oppose au mouvement aucune résistance, et n'est rien, s'il n'y a de réel dans le monde que ce qui est capable de résister au mouvement.

En revanche, toute puissance dépend de la vitesse ; sans elle, à peine de la place qu'il occupe dans l'espace pourrait-on dire en quoi le corps 3e distingue ; sans elle, il n'est point corps et n'est même point matière, en sorte que le conatus apparaît en fin de compte comme la source profonde d'où naissent non seulement le mouvement dans l'espace, mais le corps qui le remplit, sinon l'espace même.

Ces conséquences d'une notion trop exclusivement gé métrique du mouvement et du corps, Leibnitz les a h même dans la suite très souvent signalées, pour en fai la critique ; il l'a fait notamment dans une pièce impe tante publiée par Gerhardt, où il s'attache, en outre, montrer spécialement comment les lois du choc que no venons d'exposer en avaient été un jour la suite naturel]

E. — Les conséquences de la doctrine du choc et le pr blême de la cohésion (Descartes, Hobbes et Lei nitz).

Les exemples que nous avons cités montrent jusqu'à V& dence le caractère exclusivement phoronomique, et nul ment dynamique, de la mécanique de Leibnitz, en 161 A l'interpréter en un certain sens, on peut dire que tout repose sur ce principe Unique, dérivé par Leibnitz du pri

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cipe de l'inertie, à savoir que, dans la nature,, tout mouvement se conserve ; jusque dans le choc direct, ofc 3 semble qu'il y ait perte de mouvement, la soustraction des conattt& est bien plutôt le signe d'une compensation que d'une destruction : en fait, ni le conatus de l'impingens ne détruit le onatus opposé de l'excipiens, ni celui-ci non plus ne létruit celui-là, mais chacun des deux corps communique [e telle sorte son conatus à l'autre, que les deux conatus oin de s'entre-détruire sont présents à la fois dans les eux concourants et ne semblent en fin de compte s'y retranher l'un de l'autre que parce qu'ils y compensent leurs iïets l'un par l'autre *.

Le principe cartésien de la conservation des quantités te mouvement, Leibnitz le reprenait donc au point qu'on courrait croire qu'il l'emprunte à Descartes, et qu'il se rouve ainsi, sur un point capital, sous l'influence de ce lernier ; et le paragraphe 23 où il admet que deux corps ui se choquent sous un angle modifient leur direction sans codifier leur vitesse (servata conatus celeritate), ou encore ue le mouvement, pour parler comme Descartes, peut erdre la détermination secondaire de sa direction sans erdre la détermination primaire de la vitesse *, est bien lit pour fortifier cette opinion. Il nous semble pourtant u'elle est insoutenable. Car bien que Descartes ait souent confondu dans la pratique, et notamment quand il étalit les lois du choc, la quantité de vitesse et la quantité de îouvement, il est certain pourtant qu'en la définition de ette dernière il faisait entrer, ainsi qu'il le fallait, la con~ idération non seulement de la vitesse, mais de la grandeur u corps ; et c'était y introduire le terme de la masse, en n temps où la science n'avait point de cette dernière une otion correcte » et où elle y substituait la grandeur ou le oids 4. Or telles étaient, chez Leibnitz, les définitions du

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