Gerh., Phil., VII
4. « Si corpora sint sine mente, impossibile est motur aeternum » ; aundessus de ces trois mots, Leibnitz a écrit : diminui sine fine. » Ibid., 260.
96 études d'histoire de la philosophie.
final d'immobilité et, par conséquent, d'annihilation 1 .
Rien n'est plus contraire au principe capital de la doctrine
de Descartes ; et il faut bien admettre que si Leibnitz s'en
fût inspiré d'une façon quelconque, proche ou lointaine,
i n'eût pas manqué, selon sa coutume, de montrer à quel
ioint il s'en éloignait en fin de compte, et de faire valoir
es raisons pour lesquelles il la répudiait.
La seconde conséquence imposée à Leibnitz, comme ['ailleurs à Hobbes, par les principes exclusivement géonétriques de sa Phoronomia elementalis, est qu'à un onatus on ne peut rien adjoindre ou opposer d'efficace, 'est-à-dire qui soit capable de modifier un état de mouvement, qu'un ou plusieurs autres conatus ; d'où il suit n toute rigueur qu'un corps qui ne possède pas au moins me vitesse virtuelle et qui, dès lors, à nulle impulsion ne aurait opposer une résistance quelconque, ne se distingue >as au fond de la place qu'il occupe dans l'espace. Et andis que Descartes, qui faisait de l'étendue la substance lu corps, pouvait laisser au corps, même quand il est iu repos et qu'il n'est plus qu'un lieu, la puissance de ésister au mouvement, puis la solidité et la cohésion de »es parties, indivisées en acte, puisqu'elles sont divisibles ►eulement par le mouvement, Leibnitz proclamait, au nom le ses principes, qu'un corps qui ne se meut point, au noins virtuellement, n'a aucune puissance, puisque toute >uissance dérive de la vitesse 2 , et qu'il n'a même point :elle de remplir l'espace, d'où il suit qu'il ne diffère point lu vide et qu'absolument il n'est rien 3 . Dans le corps en epos ou dans l'étendue immobile, bien qu'elle dût être infiniment plastique puisqu'elle est infiniment divisible, )escartes voyait donc l'origine et le principe de toute solilifé ; et la fluidité y naissait du mouvement à mesure qu'il
1. « Plures circulationes conari in unam, seu corpora omnia endere ad quietem, id est annihilatîonem. » Ibid., p. 259-260.
2. « Omnis potentia in corporibus pendet a celeritate... » Gerîu, %«., IV, p. 187.
3. « Corpus quiescens nullum esse nec a spatio vacuo diffcrrc. »> bid.y I, 71.
en atteignait les plus petites parties, toutes choses vont point, dans le système de Descartes, sans de difficultés ; pour Leibnitz, au contraire, ce qui est bile est par là même fluide, d'où il résulte d'abor n'y a de fluide au suprême degré que l'espace ou ] en sorte qu'il n'y a point de fluidité absolue qui S( néant, ensuite qu'au mouvement, susceptible de ci l'infini, sans jamais pouvoir être le plus grand p< il faut demander le principe de la solidité, laquel] avec lui et conséquemment n'est jamais non plus grande possible 1 . Dès sa jeunesse, Leibnitz eût d dire, comme il le dira plus tard, qu'il n'y a dans la ni fluidité, ni solidité (firmitas) absolues, mais qi corps réel répond à un degré défini de fermeté et d bilité réunies 2 .
Quoi qu'il en soit, rien n'est plus opposé sur c< essentiel que la doctrine de Descartes et celle d< nitz, quand au mouvement, ce que le premier der d'engendrer, c'était, dans le corps primitivement la fluidité, tandis que l'autre lui demandait, au coi d'engendrer dans l'espace vide et primitivement fl solidité et la fermeté 9 . Dans la manière dont non sei il résout le problème, mais même dont il le pose, < donc point Descartes que suit Leibnitz, mais c'est une fois Hobbes, qui reste ainsi l'inspirateur direc Theoria motus abstracti.
Hobbes, en effet, ayant dit également qu'il est m; « quietem inertem atque efficaciae omnis expertem c ne pouvait demander qu'au mouvement la résista mouvepient, et, par conséquent, la cohésion des qui n'est rien d'autre en somme que résistance au
1. « Nec corpus durissimum, quia nec motus celerrimus. PhiL, IV, p. 234. Theor. 16.