‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 82 sur 141 · Cf. ibid., I · texte numérisé non relu

Cf. ibid., I

rminer sinon toutes les espèces, indéfinies en nombre 1 ,

bulles existantes, du moins leurs classes et leurs *es, qu'à marquer les degrés principaux exhaustionis jtipationisque, de leur débilité et de leur fermeté, de

grandeur et de leur petitesse, et Leibnitz Ta tenté dans ableau annexé au paragraphe 51 de la Theoria motus \reii.

n déduisant du mouvement de l'éther, sous la supposid'ailleurs gratuite du mouvement du soleil et du mouent de la terre, qui donne à l'un et à l'autre une cohé-

primitive de degré défini, la gravité et l'élasticité, »nitz a donc tenu sa promesse de faire dériver Tune et re « caetera non naturae minus quam artis machioata ». L'hypothèse physique qu'il avait conçue lui perait donc non seulement « varias aliorum hypothèses jun-

inter se et conciliare ; ubi défichant supplere : ubi submt provehere ; ubi obscurae sunt et à^yjtoi, explicare e intelligibiles reddere* », mais encore de déduire, me il l'avait promis, des lois du mouvement abstrait, iquées dans toute leur intégrité aux mouvements de er, les lois des mouvements concrets qui, au premier d, semblent en différer, mais qui y trouvent pourtant 3 fondements et leurs principes, en un mot tous les lomènes de notre monde sensible, tels qu'ils apparais-

à l'observation et à l'expérience (experienti et rationti). Et il n'est pas douteux que dans son esprit une telle )thèse, « hypothesis nostra », dit-il, est « paulo plus

< Etsi enim possint in subtilitate et virtute dari graduum prous in infinitum, dantur tamen summi gradus sensibiles, ita od ultra est, ne virtute quidem, nedum forma sensibili ad nos îgat ; in hoc ergo limite Philosopho pariter atque Empirico stendum. » § 60, p. 218.

?. 219. Leibnitz n'a en effet négligé aucune occasion de dis- , puis d'éclaicir, de compléter ou de remplacer les hypothèses 5tote sur le mouvement du ciel, sur le plein, sur les éléments r les formes substantielles (§ 56), de Digby sur le rare et le ; (§ 56), de Boyle sur l'élasticité (§ 57), de Descartes et Gassendi es éléments primitifs (§ 56), des chimistes anciens sur les ipes des réactions et des fermentations (§§ 35, 45, 50, 60) de sius et de Lowerus sur le mouvement des muscles (57), etc..

aliquid quam hypothesis *, bien qu'il ait formellement déclaré qu'elle n'était à ses yeux qu'une fiction et qu'un « imaginationis adjumentum », suffisant à rendre compte des phénomènes en les faisant partir d'un commencement tel qu'il aurait pu être, mais tel qu'il n'est point nécessaire qu'il ait été 2 . Le mérite d'une telle hypothèse est en tout cas de montrer la nécessité d'une organisation primitive et d'une économie persistante du monde si Pqû veut réussir à rattacher l'ensemble des phénomènes concrets ou du monde sensible aux lois rationnelles du mouvement abstrait ; et qu'on y réussisse par une voie ou par l'autre, peu importe au fond, pourvu que le succès, fût-il seulement relatif, d'une hypothèse compréhensive rende à la science ta service de coordonner et de rendre intelligibles les phénomènes, et pourvu qu'elle prouve tout au moins la nécessité et la possibilité d'en faire une 3 . Or, à y bien regarder, cette preuve porte avec elle un double enseignement : l'urgence d'expliquer mécaniquement tous les phénomènes de la nature, si qïï veut les rendre intelligibles, et l'insuffisance du mécanisme pur ou des lois abstraites du mouvement à en rendre raison, dès lors qu'elles devraient rendre compte de toutes les différences et de toutes les qualités dans le monde sensible, et dès lors qu'elles exigent une première différence ou une^première hétérogénéité qu'elles ne peuvent expliquer, puisqu'elles la supposent.

Telle est, dans l'hypothèse de Leibnitz, la première différence de la cohésion du soleil et de la terre, par rapport à la fluidité de l'éther qui remplit tout l'espace intermédiaire: cohésion qu'il dérive sans doute d'un mouvement de rotation autour de leurs axes ; mais qui a engendré ce mouvement de rotation, sinon Dieu qui l'a établi ainsi que les mouvements internes et projectifs du soleil comme le pre-

1. $ 46, -202. V. aussi Gerh., Phil, I, 77 : « Ut videatur etiam nonnullis aliquid Hypothesi certius. »

t. Cf. g 7, 183, la définition de la philosophie par Hobbes.

3. Rapprocher de ceci la théorie ingénieuse de Poincaré sur les hypothèses physiques en tête de l'Optique.

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mier état et la première condition de l'économie du monde ?

Ainsi, dès cette première période de sa pensée philosophique, si Leibnitz est encore bien loin de cette vue profonde qui lui fera chercher les fondements et les lois du monde phénoménal dans les lois plus profondes d'un monde réel dont le premier n'est rien que l'apparence, et s'il se contente de rattacher à la pratique (praxin Dei geometrisantis) d'un Dieu transcendant le monde réel du mouvement mécanique, il se sent cependant déjà tenu de chercher les fondements du mécanisme dans un principe supérieur au mécanisme même. Et c'est d'une part en approfondissant le sens de cette nécessité, et de l'autre en corrigeant sa Théorie du mouvement abstrait, qu'il aboutira enfin à la forme supérieure de son dynamisme philosophique. Le grand intérêt de la Theoria motus concreti est de montrer le point de départ de ce développement de la pensée de Leibnitz.

On ne peut donc point reprocher à Leibnitz d'être parti de certains postulats pour expliquer les lois du mouvement concret, puisque c'est la condition même de toute explication mécaniste du monde de ne pouvoir s'édifier et de ne pas même pouvoir commencer sans en imaginer quelques-uns et sans en partir. On peut se demander seulement si l'hypothèse d'un fluide primitif remplissant tout l'espace était préférable de tous points, par la simplicité et la fécondité, à l'hypothèse atomistique, quand ce n'est point seulement quelques différences en petit nombre qu'il requiert dans le monde dès l'origine, mais des différences nombreuses et en elles-mêmes injustifiées, telles que celles non seulement de la cohésion du soleil et de la terre, sans parler de l'éther, mais en outre des quatre éléments, dont la distinction reste vague et indécise *. Et en tout état de cause, ce qu'il faut lui reprocher, c'est, alors même qu'il se proposait d'expliquer mécaniquement et géométriquement

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