‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 87 sur 141 · Unumquodque corpus suis limitibus continebatur. Ibid · texte numérisé non relu

Unumquodque corpus suis limitibus continebatur. Ibid

de mouvements conspirants, qtfallait-il advenir de cette matière première où il voyait encore, dans la lettre à Thomasius, une autre condition de l'existence des corps? Si d'un corps en repos, ou même qui, après avoir été mât* retomberait à l'état de repos absolu, il est en droit de dire qu'il n'est rien, dès lors qu'il ne différerait en rien de l'espace vide 1 , à plus forte raison le peut-il dire aussi de la matière première, avant l'apparition du mouvement ; et de fait il écrit vers 1670 : « Materiam primam si quiescat esse nihil *. » Or, il est de l'essçnce de la matière première d'être en repos, puisqu'alors même qu'elle posséderait cette forme de l'impénétrabilité que lui reconnaissait, sous le nom d'antitypie, la lettre à Thomasius, et qui, n'étant rien d'autre que la possibilité d'être mue ou la mobilité 3 , est antérieure au mouvement, il serait contradictoire qu'elle la tînt du mouvement. Elle n'est donc, à vrai dire, rien d'autre que l'espace vide, et on ne sait même plus ce que serait en elle cet acte entitatif 4 ou cette antitypia que lui avait naguère attribuée Leibnitz. Car ce qui n'est point mû, d'après les propositions fondamentales de YHypothesis, ne possède nulle puissance, pas même la puissance de résister au mouvement : « nam si corpus motum impingat in quiescens, totum perforabit sine ulla refractione, etsi impingens arenacei giani magnitudine, recipiens mille leucarum crassitie esset 5 . » D'impénétrabilité, la matière première ne pourrait donc posséder que celle qui appartient à l'espace vide lui-même et qui se résout chez ce dernier dans l'extériorité tout idéale de ses parties (« partes extra partes ») ; et si d'elle on peut dire, pour rappeler avec Leibnitz « quod quidam scolastici obscure dixere », qu'elle ne saurait tirer une existence quelconque que de la forme et par conséquent

1. « Et inveni corpus quiescens nullum esse, nec a spatio vacuo differre. » Gehr., Phil, I. A Arnauld, p. 71.

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