Gerh., P/iii., I
2. « ...Quaeque alla multa spero me demonstraturum ir quae molior, Elementis de Mente. » Ibid., I, 73.
3. « Meine Elementa philosophica de Mente (denn wir bis nùr philosophiam de Corpore habenj... verlangen ùnterschiec treffliche Leut ausgemacht zu sehen. ■ » faris, 26 mars /Wd., I, 67.
154 études d'histoire de la philosophie.
sultat, qui restera le propre de la philosophie de Leibtz à toutes les époques de sa vie, sauf les modifications ternes de la doctrine, à savoir : 1° qu'il n'y a rien dans mouvement, et par conséquent dans le corps, lequel n'est itre que le mouvement, dont il ne soit possible de rendre goureusement compte par des raisons géométriques, où suit précisément la nécessité d'une Phoronomia eleentalis ; et pourtant 2° que le mouvement postule, avant 5 se réaliser dans l'espace, des causes qui dépassent ute géométrie, parce qu'elles sont supérieures à la pure endue. Et la raison en est que Leibnitz pressentait déjà, aoique confusément, que si le développement de toute jalité aboutit pour nos sens à une certaine détermination î l'espace et trouve ainsi dans l'ordre des phénomènes >mme il dira plus tard, une expression géométrique cacte et rigoureuse, il s'en faut cependant qu'on soit dissnsé par là de chercher le réel au delà de l'idéal, ou au ûk de l'expression l'origine de ce qui s'y exprime. Et de
vient, selon nous, cette liaison intime de la doctrine de ssprit à la doctrine du mouvement, dès lors qu'aux yeux e Leibnitz, ce dont l'action réelle s'exprime dans le moulinent n'est, comme on va le voir, rien d'autre que esprit.
A le considérer d'un premier point de vue, nul n'a le roit cependant de relever dans le mouvement un élément uelconque qui ne soit géométrique, et ce serait notamient tomber dans une grave erreur, produite par la signication équivoque d'un mot, que de prêter d'emblée au >natus de la Theoria motus ahstracti, comme est tenté de
faire un lecteur inattentif, le rôle qu'aura par exemple ippétitjon, l'énergie ou l'effort, dans la Monade de la )ctrine future. Pour le rappeler brièvement, de même je le mouvement n'est rien que « mutatio loci ou spatii », î qui conduit Leibnitz, trompé, comme il le remarquera ti-même, par sa tendance abusive à ne voir dans le mouîment que ce qu'y peut saisir le géomètre, à n'y consiérer que la vitesse, de même le conatus n'est encore
qu'une vitesse, considérée dans un instant plus court que toute durée donnée : « Velocitas sumpta cum directione, écrira-t-il encore en 1695 *, conatus appellatur » ; du conatus au mouvement, il n'y a donc pas d'autre différence que du point à la ligne, de la ligne à la surface, de l'instant à la durée, bref que de l'indivisible ou de l'inétendu l'étendu, ou, pour parler le langage des modernes, de différentielle à l'intégrale, et de l'élément à la somme ( éléments. Dans cette réduction du mouvement à ses é ments différentiels, où nous trouvons le premier et rem quable emploi de l'analyse infinitésimale par Leibnitz, ( s'inspire d'ailleurs directement de Hobbes et de Cavalie ce serait donc méconnaître entièrement sa pensée que voir un passage, ou du moins un passage direct et imn diat, du géométrique au métaphysique. Différentier vitesse, c'est définir encore une vitesse, quoique infininu petite ; et, à le prendre dans sa signification précise, conatus n'est rien encore qu'un mouvement, par leqi seulement est parcouru un chemin plus petit que toi longueur donnée dans un instant plus court que toi durée finie.
Cependant le passage que l'analyse toute seule ne sa rait franchir, il faut pourtant reconnaître qu'elle nous prépare et qu'en quelque .manière elle nous y contrai] Si, d'une part, en effet, il faut dire du mouvement qu'il ( dans le temps ce qu'est dans l'instant le conatus, et s'il trouve ramené, par la vertu même de l'analyse diffère tielle, à n'être qu'une somme de vitesses élémentaire comme toute durée finie est une somme d'instants, c'e d'autre part, la définition même d'une vitesse élémentai de ne pouvoir durer au delà d'un instant : « nullus conat sine motu durât ultra momentum 2 . » En tant qu'indi sible, et en tant qu'il n'est qu'une étendue infiniment pet parcourue dans un temps infiniment petit, en tant, d'autres termes, qu'on est tenu de n'y voir que ce qui