Ibid
tin mouvement circulaire, parce que ce mouvement n'est pas assez simple pour qu'elle s'en puisse souvenir pour ainsi dire. Elle se souvient seulement de ce qui lui arrive dans le dernier moment ou plutôt in ultimo signo rationis *, c'est-à-dire elle se souvient de la direction selon la ^™;* e touchante, sans avoir le don de se souvenir du préi qu'on luy donneroit de se détourner de cette toute pour demeurer toujours dans la circonférence. C'est quoy le corps ne garde pas le mouvement circulaire, qu'il ait commencé de l'exercer, à moins que quelraison ne l'y oblige *. » Mais ce n'est point seulement rection que les conatus concourants s'amoindrissent 8 , aussi et c'est à un tel point dans le degré de leur se 4 que Leibnitz n'hésite point, dans une pièce du e temps que YHypothesis déjà citée, à écrire : « Plures lationes conari coire in unam, seu corpora omnia îre ad quietem, id est annihilationem 5 . » Bien loin 3 éternel, ou comme disent les modernes et comme t Descartes, bien loin que la même quantité s'en conj dans le monde, le mouvement, au contraire, s'y drait donc d'autant plus rapidement que les conatus rent en conflit en chaque point de l'espace, s'il n'était lis qu'aux lois et aux principes de la géométrie, faut donc, s'il s'y conserve d'une manière évidente, y soit encore soumis à d'autres principes et qu'il y maintenu par une cause qui ne peut être encore que rit. Leibnitz n'en a clairement indiqué les raisons que des années plus tard 6 , mais elles étaient en germe
Je faut-il pas lire durationis?
ierh., PMI., IV, 543.
Jous avons cité plus haut un passage où Leibnitz semble dire
ntraire, à savoir : « conatura omnem in corporibus quoad
ninationem esse indestruibilem », Ibid., I, 73 ; mais c'est en
ns seulement que la détermination qu'il imprime pour sa
au mouvement résultant in ultimo signo durationis, se
îve dans la direction de ce mouvement : ce n'est point à dire
i direction de tous les conatus composants s'y conserve.
Md., I, 73.
bid. y VII, 261.
ta 1702, lbid., IV, 543.
dans la doctrine que nous venons de rappelei réels rapports de l'âme et du corps. Si la compos métrique des conatus aboutit, en effet, à n'en laisser dans le mouvement résultant qu'une dir se perdent leurs directions multiples et qu'un vitesse qui ne représente point la somme de leurs on ne peut oublier que le souvenir d'autre part les dans l'esprit de toute altération et de toute di Bref, tandis que la matière tend par sa nature la fusion de tous les conatus dans une résultante direction unique, qui équivaut pour le monde absolu, il est tout au contraire de la nature de Vi surer la persistance de leur action dans l'aveni ne peut arriver sans qu'elle assure du même cou sistance dans le mobile des changements de c Leibnitz l'a dit en termes si précis dans le texte de 1702 que # nous ne résistons pas au désir de les ici * : « ...Un atome ne peut apprendre que d'aile ment en ligne droite, tant il est stupide et imp en est tout autrement d'une âme ou d'un esprit elle est une véritable substance, ou un Être con est la source de ses Actions, elle se souvient p< dire (confusément, s'entend) de tous ses états pr et en est affectée. Elle ne garde pas seulement tion, comme fait l'Atome, mais encore la loy des ments de direction ou la loy des courbures, ce qu n'est point capable de faire 2 ... » A moins que 1 pondance du corps et de l'esprit ne puisse pas delà de l'origine du mouvement, il faut donc qu corrige de quelque manière et à chaque instant 3e la tendance du mouvement à l'uniformité ; et
1. Ce texte est en effet si parfaitement d'accord av thesis que Leibnitz le fait remarquer lui-même à la fl sage : « Si M. Bayle avait considéré cette différence conatus des corps et ceux des âmes, dont j'avois déjà légère notion dans ma première jeunesse, en donnant ihèse physique au public... » etc. /Md., IV, 544.
t. Gerh., PMI., IV, 543-544.
HANNBQUIN, II.
le choix qu'entre deux hypothèses : ou bien au ; purement géométrique, soumis en tant que tel s de l'addition et de la soustraction, il fallait qu'il en quelque sorte la puissance de renaître, ce qui ivait se faire qu'en le ramenant lui-même à une plus haute et en lui assignant un fondement dans ; ou bien sans supposer une telle renaissance, qui né par la base le mécanisme même, il fallait tout ns que le mouvement qui tend à l'uniformité renen chaque point de l'espace des impulsions nou- >our rétablir l'accord de l'esprit où ne se perd nul s ancien, et du corps qui en est, à tous les instants lurée, l'expression momentanée. Et il fallait pour ibord que le monde fût plein, ou que tous les points >ace fussent sans exception le lieu de conatus appc- Lodifîer le mouvement qui les traverse, puis qu'il y is le monde une telle économie que le concours in- , de tous ces conatus, bien que restant soumis aux ométriques, maintînt dans les corps non seulement fersité, mais encore une unité qui y fussent le syni- \ la diversité et de l'harmonie des conatus des âmes, it, en un mot, non seulement que le monde, en tant ït le lieu d'une telle économie, fût l'œuvre d'une inice suprême, mais que tous les mouvements y fusrculaires ; et comme on peut concevoir que de tels ments s'enveloppent et se multiplient à l'infini dans e, ainsi que le font les bulles de la Théorie du mou- ; concret, c'est en eux que la multitude également et hiérarchisée des esprits pouvait enfin trouver son sîôn corporelle. De là vient, selon nous, que Leibait le siège de l'esprit non seulement dans un point, somme il l'a plus d'une fois répété, dans le centre îrcle : « Mentem consistere in puncto, seu centro * » ; n verum mentis nostrae esse punctum quoddam seu 11 2 » ; et la raison en est que le centre d'un cercle est
h., PhiL, I, 61, à Jean Frédéric.
i. f I, 72, à Arnauld.
le seul lieu concevable où puissent concourir tous les nu
vements, de toutes ses parties, puisqu'il est le seul lieu
concourent tous les angles et par conséquent toutes
vitesses angulaires ; et cette raison qu'on trouve expoi
« nùr populariter 1 » dans une lettre à Jean Frédéric,
21 mai 1671, et dans une autre un peu postérieure <
n'est point datée 2 , Leibnitz ne faisait que la repreni
en termes plus précis, sans lui laisser, il est vrai, d'au
valeur que celle d'une comparaison, lorsqu'il écrivait
12* juin 1700 à la princesse Sophie : « On voit donc q
comme dans le centre se représentent les degrés, ainsi
unités de substance, et par conséquent les âmes, qui s
comme des centres» représentent en elles ce qui an
dans les multitudes qui les regardent, selon le point
vue de chaque unité ou âme, sans que les âmes ou
centres cessent par là d'estre indivisibles et sans étendue
Ainsi, sans renoncer au mécanisme universel, bien p
au moment même où il concevait une Hypothèse physû
permettant de ramener aux lois du mouvement abst]
tous les phénomènes de la nature, Leibnitz pronon<
donc, dès 1670, que le mouvement lui-même et sa conj
vation ne sauraient s'expliquer s'il ne se rattachait à î
source plus haute : « Si corpora sint sine mente, écriv
il vers le même temps, impossibile est motum fuisse ae
num 4 » ; et la raison en est qu'il diminuerait sans fi
comme il l'indiquait lui-même dans une note manusci
s'il n'était comme perpétuellement restauré et conse
par l'action de l'esprit. Les principes du mécanisme, l
loin de ruiner l'existence des âmes, requièrent donc
contraire en tout corps un principe du mouvement qui
incorporel, et, ainsi qu'il l'ajoute en termes non é<
voques, qui soit une substance : Ich will weissen, é<