‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 13 sur 229 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

cune d'elles, il lui demande son secret à elle-même. Très au courant des exégèses les plus récentes , il n'est pas de ceux pour qui le neuf est le critère du vrai. Il remet à sa place, par exemple, qui est pour lui subordonnée, Vinterprétation logistique du Leibnitianisme. Les nouveautés, en ces matières, le trouvent sans préjugé ni pour ni contre. Mais il est à ce point le familier et comme le contemporain des maîtres qu'il fuge leurs commentateurs d'aufourd'hui comme ils les fugeraient eux-mêmes, et pour ainsi dire du haut de leur éternité. Et nous dirons la même chose des nouveautés dogmatiques de ce temps. Il sait admirer, mais il se réserve. Il n'a pas une âme de disciple ; du moins il ne se reconnaît pas de maître véritable depuis Kant. En revanche, il défend Kant contre les déformations que Renouvier lui fait subir. Et en général il prend le parti des grands penseurs contre les obfections même traditionnelles. A ce titre l'argument ontologique de Descartes lui tient à cœur. Il fait plus : il les réconcilie malgré eux, à force de pénétrer fusqu'à l'âme de vérité qui a inspiré chacun d'eux. Il a un éclectisme à lui qui ne réunit pas des ruisseaux épars, mais qui remonte aux sources communes. Sa critique est un approfondissement perpétuel. Il n'est pas de ceux qui, une difficulté étant donnée, la résolvent de leur mieux, puis passent à d'autres besognes. Il étudie toujours les mêmes choses et creuse toujours davantage, évitant de s'entêter dans ses propres idées. Que Von compare, si l'on veut se rendre compte de cet effort famais lassé, l'exposition qu'il donne de la méthode cartésienne dans l'histoire de la littérature française publiée sous la direction de M. Petit de Julleville, et le fragment de ces volumes où la même exposition est reprise, — sans être achevée, — pour un tirage à part profeté. Quand de Descartes ou de Kant quelque chose restait obscur ou contestable, il croyait toujours que c'était lui qui n'avait pas assez compris. Les dernières années de sa vie sont pleines de cette conversation ininterrompue avec les plus grands esprits. Lisant moins, il reprenait sans cesse les mêmes lectures, où il trouvait réponse aux problèmes qui l'intéressaient. A quelqu'un qui lui demandait ce qu'il faut lire de plus actuel sur le problème de Dieu,

Page 1