PREFACE
La Faculté des lettres de Lyon a été, pendant une vingtaine d'années, une vaste amitié. C'est au nom de ces amis aujourd'hui dispersés que fai mission de rendre hommage au plus unanimement, au plus prolondément aimé. Quant à mes sentiments personnels, ils feront effort pour s'effacer et se fondre dans l'hommage collectif. Voulant honorer la mémoire d'Hannequin, ses amis n'ont rien trouvé de mieux que de publier des pages de lui, les unes inédites, les autres défà parues, mais éparsesK M, Chabot a pris pour lui toute la peine de cette publication. Mais ils ont tenu à ce que, en tête de ces pages, fût évoquée, par l'un d'eux la noble figure du penseur dont elles donnent l'imparfaite mesure. L'étude, qu'on lira plus loin, de M. Grosiean, l'élève, puis l'ami et le confident d'Hannequin dans les dernières années de sa vie, élude si complète et, en même temps, d'un accent parfois si touchant, nous dispensera de nous étendre sur le détail de ses doctrines et de ses travaux. Nous nous bornerons à en marquer la direction et l'esprit, et à les replacer dans l'histoire si une, finalement si douloureuse, de sa courte vie.
Arthur Mannequin naquit le 29 octobre 1856, dans un village de la Marne, Pargny-sur-Saulx, où son père était instituteur. Sa fidélité envers le sol natal et envers les amis de son enfance fut une de ses premières vertus. Ses succès scolaire au collège de Vitry vouèrent ce fils d'instituteur à la carrière de l'enseignement. On l'envoya au lycée
1. Rappelons cependant qu'une souscription entre élèves et amis d'Hannequin a abouti h la fondation d'une bourse « Hannequin », bourse de voyage à l'étranger en faveur d'un étudiant lyonnais.