‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 30 sur 229 · XXXVI ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

XXXVI ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE

de mettre au premier plan les théories logiques de Leibnitz, de ne plus voir dans sa métaphysique qu'une sorte de panlogisme^ Tinquiétaient et Tagaçaient un peu. Oh I non pas, observait-il, qu'on ne puisse avec quelque dextérité dialectique transposer la métaphysique de Leibnitz en un formulaire logique, que certains passages n'invitent à cette tentative, que Leibnitz lui-même n'y ait songé de temps à autre, et sans y avoir jamais tout à fait renoncé jusqu'à la fin de sa vie. Mais qu'on mette là sa véritable origine, sa signification profonde et première, « que le principe de la raison suffisante ne soit rien de plus ni rien d'autre que la réciprocité du principe d'identité, que toute vérité soit analytique », qu'il n'y ait dans la Monadologie qu'un développement logique de Yomne prœdicatum iriest subjecto, c'est peut-être un brillant paradoxe, mais ce n'est sûrement pas autre chose. Et l'un des derniers livres qu'il ait entrepris, — dont il n'y a eu d'écrit que les premiers chapitres, — La philosophie de Leibnitz et les lois du mouvement, c'est contre les tendances de la nouvelle école qu'il l'avait d'abord conçu, et à propos de l'un de ses plus éloquents manifestes : c( On a élevé à sa Logique un monument qui laisse dans l'ombre des parties de l'œuvre de Leibnitz que nous persistons à regarder comme essentielles ; nous voudrions les replacer à leur rang et montrer que sans elles les doctrines de Leibnitz sur l'activité foncière des monades, àur la matière et la masse, sur l'idéalité de l'espace et du temps, enfin sur ce monde des corps ou mundus phénomenôn opposé si nettement par Leibnitz au monde des substances, resteraient inexpliquées. »

Des deux tendances qui dominent l'organisation de la pensée de Leibnitz, dont la première est de soumettre toute véritable connaissance (( aux lois d'un enchaînement rigoureux à partir de principes incontestables, bref aux lois d'une logique et d'une mathématique universelles », et dont la seconde dérive de la conviction née de bonne heure chez lui t( que tout se fait mécaniquement dans la nature, mais que le mécanisme, qui sufiit à tout dans la nature, ne se suffit pas à lui-môme et ne trouve en définitive son principe que dans la réalité de l'esprit et de Dieu )>, l'une vient de la philosophie de Descartes qui est une (( philosophie synthétique », de la science qui ne vit que de synthèses sans cesse défaites et refaites au profit de synthèses nouvelles, l'autre est un ressouvenir des formalismes et des caractéristiques scolastiques. Le tort des nouveaux exégètes est d'avoir trop

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