‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 43 sur 229 · LU ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

LU ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE

du tout aussi simple; ni Fun n'est wai, ni Fautre n'est faux, au sens qu'on entend. (( La vérité, observait Mannequin, est que l'astronomie de Ptolémée était un système, et que, dans un système, la subordination mutuelle et la corrélation des éléments constitutifs est telle que tous s'y élèvent ou s'y abaissent avec l'ensemble, toute proportion gardée et tout compte tenu de leur rang dans cet ensemble... La vérité est que Copernic, en déplaçant le point de vue de Ptolémée, créa un système nouveau, incomparablement supérieur à l'ancien ; mais il n'abolit point la science de Ptolémée et de ses successeurs et, tout au contraire, il lui rendit dcms son propre système, en l'élevant à une unité supérieure, une vitalité nouvelle. » Nos connaissances vraies,

nos vérités d'à présent sont des connaissances incessamment réorganisées et réarrangées (( sous la double influence des faits nouveaux et des réflexions qu'ils provoquent de la part de l'esprit ». C'est qu'au fond la science ne diffère pas tellement de la philosophie, si vraiment elle est comme celle* ci, quoique d'autre façon et sur un plan différent, (( exclusivement un système de concepts, concepts dont pas un,, fût-il le plus humble et le plus empirique, n'est proprement et simplement la copie d'une chose brute, qui serait indépendante on ne sait comment de notre manière de le percevoir et tout au moins de le mesurer, dont pas un non plus, fût-il le plus théorique et le plus hypothétique, n'est purement arbitraire ni purement inventé par un caprice de l'esprit, mais dont l'objectivité apparaît beaucoup plus comme une fonction des relations de l'ensemble, de l'ordre fondamental du système et des principes qui l'organisent que comme une dépendance d'un savoir en quelque sorte extérieur à l'espriti et passant en lui du dehors avec sa part, accidentelle et fatale à la fois, de vérité et d'erreur )>.

Où le savant, dans l'œuvre scientifique, ne regarde qu'à la rigueur dé la démonstration et à son résultat direct qui est une maîtrise toujours plus grande de la nature, l'historien des sciences, lui, s'inquiète avant tout de saisir sur le vif le travail, intéressant par lui-môme, de la pensée ingénieuse et conquérante, — les efforts multiples et successifs, innombrables et inexprimables, de tous ceux qui ont collaboré à cette merveilleuse création et, dans chacun de ces efforts la plupart emmêlés, oubliés, recouverts, c( la richesse presque infinie de sa puissance et de ses ressources, telles qu'il lès a manifestées dans la suite des temps. Nulle fantaisie ni nulle dialectique, si puissantes fussent-elles, n'imagine-

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