‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 44 sur 229 · ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE. LUI · texte numérisé non relu

ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE. LUI

raient jamais la plus petite partie de ce que Fesprit humain, à travers les siècles^ a inventé de moyens et déployé de ressources pour résoudre à mesure les problèmes qui successivement se posaient devant lui ». Par là Vhistoire dei sciences mène vrsdment à une philosophie des sciences qui est solidaire de la science, mais qui est autre chose que la science, et qui relève forcément du philosophe puisque l'homme de science n'y prend pcis garde, et qu'il n'en a ordinairement ni le goût ni le loisir.

Le savant, à Taide d'un procédé très simple, d'ailleurs toujours le môme, au fond^ — Vanalogie^ — organise le savoir, brisant les vieux concepts inutilisables, en refaçonnant d'autres, ceux dont il a besoin, à mesure qu'il en a besoin, que l'observation et l'expérience l'y sollicitent, et l'obligent à des corrections jamais finies, à des adaptations toujours nouvelles, s'appliquant à faire de chaque relation une fois trouvée et formulée une relation universelle, l'essayant et l'étendant pour ainsi dire en tous sens. L'historien des sciences s'arrête à côté de lui, et le regarde faire ; il réfléchit à la façon dont ce travail se poursuit instinctivement et uniformément, dont ces concepts mouvants se font et se défont, (pourquoi et comment) ; à quoi tient leur fécondité, leur utilité ; d'où vient aussi qu'ils s'usent rapidement, et qu'il faille remanier et transformer au bout de quelques années les théories qui naguère paraissaient les plus définitives. Rappelonsnous les difficultés que rencontra tout à coup, vers le milieu du dernier siècle, la théorie mécanique de la chaleur, et comment des corrections de toutes sortes s'imposèrent : « On corrigea d'abord les concepts de force, de travail, d'énergie ; on introduisit les concepts nouveaux de potentiel, de réversibilité et d'entropie ; on reprit un à an les éléments de la science de la chaleur, et à la thermomécanique on substitua, en la transformant, la thermodynamique. Et le spectacle le plus instructif, ajoutait Hannequin, auquel nous assistons à l'heure présente nous est donné par ce merveilleux effort de la physique moderne qui, d'une science presque parfaite en son domaine restreint, tend à faire par analogie l'unique science physique, en transportant à la science de l'électricité, de rélectro-magnétisme et par conséquent de l'optique, ainsi qu'à la chimie tout entière, ce système de concepts érigé pour ainsi dire en méthode universelle, que résume le mot de thermodynamique. » Il faut bien voir, ne rien oublier, ne rien mépriser : de tous ces moyens, de tous ces concepts que la science utilise sous nos yeux, qu'elle a utilisés

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