‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 64 sur 229 · MÉT.\PHYSIQUE DE LA NATURE · texte numérisé non relu

MÉT.\PHYSIQUE DE LA NATURE

A. — La matière brute.

Déjà, chez les Grecs, quoi qu'on dise, le problème était clairemenl posé ; c'est l'exigence môme de la pensée qui le pose : trouver un principe d'unité qui puisse rendre compte de la multiplicité et du devenir. Mais ce principe d'unité, ce permanent, les Grecs, s'ils l'ont cherché, l'ont mal cherché. Ils l'ont demandé à la qualité et non à la quantité. C'est la physique et la mécanique de Galilée qui plus tard devaient mettre sur le chemin ; et les Cartésiens seraient arrivés tout de suite, s'ils ne s'étaient embarrassés dans la conception d'une matière-chose, antagoniste de l'esprit, sur le môme rang que lui, existant par elle-môme et comme si le Cogito n'était pour rien dans ses déterminations essentielles. Pour déblayer l'obstacle et avancer, il ne fallut pas moins que le génie de Kant. C'est lui qui a fait voir, d'une part, qu'il ne peut y avoir de science de la Nature, s'il n'y a pas dans le Temps (forme de toutes nos représentations, donc aussi des phénomènes extérieurs) et dans l'Espace une constante^ . c'est-à-dire quelque chose qui subsiste sous les changements, qui les limite, qu'on soit sûr de pouvoir retrouver; et, d'autre part, que la succession des phénomènes doit pourtant être continue, incessante, infinie, qu'une Nature donc qui ne varierait pas deuis son ensemble, dans chacune de ses parties, dans ses fragments les plus infinitésimaux, ne pour» rait pas être l'objet d'une représentation. N'allons pas d'ail» Içurs imaginer un noyau permanent sous une diversité qui change ; le permanent n'est pas d'un côté et le changement dQ Tautre. C'est le permanent lui-môme qu'il faut qui soit changeant ; ce sont les variations elles-mêmes qu'il faut qui soient réductibles à une constante.

Dès lors, qu'est-ce que la matière ? Mais tout simplement le subsistant qu'on vient de dire^ un permanent toujours changeant, un invariant indéfiniment variable, « une sub* stance en état de perpétuel changement » — substance non

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