ARTHUR HANNEQUIN ET SON CEUVRE. I.XXIII
pas au sens scolastique, mais au sens kantien, non pas du tout une chose en sol, une réalité objective, mais seulement un objet de connaissance, un concept, une œuvre de Tesprit travaillant selon sa constitution et les lois de la représentation, la constante enfin et la fonction dont la pensée a besoin pour penser.
Et c'est vers cette théorie, — la théorie qui fait de la matière la première des lois que la pensée impose au réel pour le rendre pensable^ — que convergent aussi par une marche un peu sinueuse, mais au fond toute logique et toute nécessaire, les principaux développements de la physique moderne, de Galilée^ — par Descartes, Huygbens, Leibnitz, Newton, Helmholtz, — à Ostwald et aux théoriciens de l'Energétique. Hannequin avait consacré à cette démonstra* tion tout un ensemble de leçons très neuves et très serrées. Constance de la quantité d'énergie, quelles que soient ses transformations ; mais aussi nécessité et continuité et détermination du sens de chacune de ces transformations, ce sont bien des physiciens et non des philosophes qui nous ont appris cela. Mais c'est la philosophie, c'est la Critique de Kant qui, si elle ne suffit pas à révéler les formules, — contingentes d'ailleurs et destinées prochainement à être remplacées par d'autres, — nous en a fait saisir le grand sens^ le sens profond et éternel, et qui nous rappelle que « la mobilité et la relativité mêmes de la science ne deviennent légitimes, en laissant sauve sa certitude, que par la reconnaissance des lois fondamentales de Tesprit qui règlent ces mouvements et les contiennent, malgré tout, en des limites précises ». •"
B. — La matière vivante.
Considérer les objets comme matière, c'est les réduire aux lois du déterminisme. Matériellement, omnia mechanice fiunU Si donc tous les phénomènes de la matière vivante sont explicables par le déterminisme, c'est que la manière vivante se ramène à la matière brute. Mais aussi, par contre, dans la mesure où le déterminisme échouerait à fournir cette explication, c'est que la vie impliquerait un autre principe ? qu'avec elle, nous entrerions, semble-t-il, dans un nouveau monde.
C'est un des enseignements de la biologie contemporaine qu'il n'y a chez le \ivant que des phénomènes physico-chi* miques. On a fait déjà l'analyse de la plupart des matières