IXXVIII ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE
mènes qui ne sont que dans le Temps, les phénomènes de conscience, apparaissent comme fonction des phénomènes qui sont dans FEspace, les objets de FExpérience. Ils sont des représentations. Or la représentation^ en tant que telle^ — cette représentation et non pas cette autre, — ne s'explique pas par les lois qui expliquent Vohjet de la représentation ; elle dépend tout entière de Tobjet lui-môme ; elle n'est que par lui, sans lui elle ne serait pas. En ce sens, le phéno^ mène de conscience est tellement lié, assujetti au phénomène externe, que toutes ses déterminations assignables lui viennent de l'objet dont il est la représentation. — 2« aspect : celui sous lequel les phénomènes qui sont dans l'Espace apparaissent comme fonction des phénomènes qui sont dans le Temps, non pas seulement au sens un peu superficiel de l'idéalisme berkelej'en où tout objet est donné dans une représentation et y a son existence, où ce n'est que dans la conscience qu'il y a des représentations d'objet ; mais au sens autrement profond de l'idéalisme transcendantal où le^ choses sont des objets, et où les objets, en tant que Nature» se subordonnent à la conscience, à ses lois, à ses principes, où ce n'est que par la conscience et l'activité du je pense qu'il y a des objets.
Ainsi s'expliquerait qu'il y ait deux séries^ à la fois entièrement autonomes et entièrement liées l'une à l'autre, qui ne sont pourtant aucunement parallèles^ qui néanmoins se conditionnent rigoureusement, parce qu'elles expriment chacune, à deux moments respectifs^ la collaboration du Cogito et des choses en soi dans la production d'une Nature et d'une Pensée. Mais la dépendance où est la conscience empirique vis-à-vis des objets n'a plus rien d'inquiétant ni d'obscur pour une philosophie spiritualiste, si nous nous souvenons que les objets de l'Expérience résultent eux-mêmes de l'action primitive de la conscience pure. Et, parce que la conscience est ce par quoi il y a une Nature, qui n'est pas dans l'esprit, mais qui est une construction de l'esprit, qui est tout entière fonction des lois de la pensée, le matérialisme, concluait Mannequin, est bien la meilleure et à dire vrai la seule scientifique des méthodes, mais c'est aussi la plus courte et la plus puérile et la plus désespérée des philos ophies.
C'est par la Nature que nous avons dû dialectiquemeni aborder le problème de la pensée ; mais la pensée n'est pas dans la Nature. Pour atteindre jusqu'à elle, il nous faut sortir de la Nature où il y a des lois, un déterminisme, et nous élever à quelque chose qui soumet la Nature à des lois»