ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE. LXXVII
sans se détruire lui-môme jusqu'au fond de son être s'il se phénoménalise et se naturalise. Cette deuxième théorie n'est donc au vrai pas beaucoup plus consistante que la première.
Il en reste une troisième : la coexistence de deux séries engrenant Tune dans l'autre. C'est, au fond, la doctrine classique. Oui, mais comment se fait Vengrenage ? Pas de fait de conscience, dit-on, qui n'ait son correspondant dans un moment du fait physiologique ; et, vice versa, pas de fait physiologique qui n'ait son correspondant dans un moment du fait psychologique. Bien. Mais encore de quelle nature est cette correspondance ? Car les deux séries ne se ressemblent pas : la série physiologique est spatialis4e et soumise aux lois de l'Energétique; la série psychologique est temporelle seulement et échappe aux lois qui régissent la Nature, aussi bien à celle de permanence qu'à celle de causalité, et y a-t-il môme, dès lors, de véritables lois en psychologie ?
Une doctrine s'est formulée si voisine apparemment des données, qu'on ne l'en distingue d'abord qu'avec peine, mais qui, en réalité, les dépasse singulièrement et les dé* forme, la doctrine du parallélisme. Nous avons constaté une Tnanière de correspondance. Nous demandons quel en est le sens. On nous répond, c'est un parallélisme : « Un état cérébral étant posé, un état psychologique déterminé s'ensuit »; ou encore, entre les deux faits de chaque série, il y a « équivalence 1 », — équivalence telle qu' « une intelligence surhumaine qui assisterait au chassé-croisé des atomes dont le cerveau humain est fait et qui aurait la clef de la psycho^ physiologie, pourrait lire, dans un cerveau qui travaille, tout ce qui se passe dans la conscience correspondante ».
Avant le mémoire fameux où M. Bergson a démontré que cette thèse si facilement reçue, toute classique, n'est pourtant qu'un « paralogisme )>, qu'elle provient du mélange illégitime de deux légitimes notations des objets, la notation idéaliste et la notation réaliste, que ceux qui l'énoncent n'énoncent qu'un mot vide de tout sens, Hannequin avait déjà trouvé une solution peut-ôtre plus directement en harmonie avec l'ensemble de cette philosophie critique qu'il faisait sienne. Il y a, observait-il, deux aspects des choses qu'il suffit de ne pas emmêler pour faire apparaître aussitôt le lien qui les rattache l'un à l'autre, et qui répondent assez bien à ce qu'on pourrait appeler la connaissance psychologique et la connaissance logique. !•'' aspect : celui sous lequel les phéno-