‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 71 sur 229 · MÉTAPHYSIQUE DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

MÉTAPHYSIQUE DE LA LIBERTÉ

A. — Le problème moral.

Si la pensée est l'ensemble des éléments a priori qui ont permis de construire la Nature, ou mieux encore Funité profonde d'où ils procèdent, et dont toutes noe catégories ne sont qu'autant de spécifications, par cela seul que le déterminisme est l'œuvre des catégories, la pensée ne saurait évidemment y être soumise : elle est donc une Liberté. Comme, d'une part, les catégories sont des formes de liaisons et de synthèses, des actions, la pensée est aussi Action^ principe d'action, Handlung. Et, comme d'autre part, elle est à la fois individuelle, par les particularités et les différences d'une sensibilité qui lui fournit sa matière, et universelle^ parce que la Nature qu'elle édifie vaut pour tous les hommes, elle est encore une Raison. Action et Raison, c'est Volonté. Pensée pure. Liberté, Action, Raison, Volonté, voilà tous les éléments de la moralité. On peut encore très bien les assembler à la façon de Kant^ qui du reste ne les a peut-être pas toujours assemblés de la même façon, ou autrement. Ce qu'il faut maintenir et ce qu'il est assez de maintenir, c'est que, sans qu'il soit besoin de recourir aux religions ou aux sociologies, ces seules données suffisent à fonder dialectiquement les deux ou trois conceptions maltresses de notre morale, celle û' obligation, celle de bonne volonté, celle enfin d'autonomie ; et c'est aussi qu'elles-mêmes sont impliquées et postulées par tout l'ensemble de notre connaissance. Fallait-il vraiment se demander, avec l'insistance qu'on y a mise encore récemment, si Kant a établi l'existence du devoir 1 « La seule question, disait Hannequin, est de savoir si nous avons une Raison, et^ en définitive, une Liberté, Liberté et Raison, et Liberté et Pensée ne faisant manifestement qu'un... et ce qui rend témoignage de l'existence d'une Raison, c'est la

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