Voyez le texte, noie 2, p
2. De Corpore, partie II, ch. vu, § 12. « Si miindus sit infinitus, tum potest in eo sumi aliqua pars quae a nobis distat infmito numéro passuum, sed hujusmodi pars nulla sumi potest, ergo mundus non est infmitus. »
14 i ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
dit-il, qui ne saurait être résolue que par une intelligence infinie ; question oiseuse d'ailleurs, car le monde, fini ou infini, reste pour nous identiquement ce qu'il est : le mieux est donc de s'en rapporter aux Ecritures. Au fond, Hobbes allait plus loin, selon nous ; il avait le sentiment de l'absurdité d'un infini réalisé ; il combattit la notion de l'infini chez Descartes ; il fait ressortir dans les endroits cités l'absurdité de l'infini du temps, identique pour le logicien à celle de l'infini de l'espace, et il reproche quelque part leur erreur à ceux qui concluent de l'infinité de l'espace imaginaire (qui n'est qu'en puissance) à l'infinité (réelle) de l'espace réel ou du monde ^. Il considérait donc, à notre avis, l'univers matériel comme fini et limité dans l'espace. 2° Est-il plein ? ï a-t-il du vide ?
Après les développements qui précèdent, il est à présumer que Hobbes ne saurait établir a priori l'une ou l'autre de ces deux thèses : car si le vide est exclu, ce ne peut plus être par une considération tirée de la nature de l'espace ; nous savons, en effet, que Hobbes admet que le monde est limité, en même temps qu'il établit que l'espace imaginaire est infini. Il ne peut donc pas, comme Descartes, conclure a priori de l'infinité de l'étendue sans lacunes à l'infinité d'un univers sans vide ; et même il s'élève contre l'argumentation de Descartes 2.
Aussi, est-ce par des raisons expérimentales que Hobbes s'efforce d'exclure l'hypothèse du vide.
Il commence par la réfutation des arguments de Lucrèce en faveur du vide.
7" argument de Lucrèce. — Sans vide, pas de mouvement possible ; car le premier mouvement ne peut commencer que là où se présente un vide.