‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophieChapitre 67 sur 146 · Id., II, X · texte numérisé non relu

Id., II, X

3. « Actus omnis possibilis aliquando producetur. » Id. ibid., § 4. * Quem autem actum impossibile est non esse, ille actus neces-

sarius est ; itaque quiciinque actus futurus est, necessario futurus €st ; nam ut futurus non sit impossibile est ; propterea quod, ut modo demonstratum est, omnis actus possibilis aliquando producetur. Imo vero non minus necessaria proposito est Futurum est futurum quam homo est homo. » Id. ibid., § 5.

ÉTUDES d'histoire DE LA. PHILOSOPHIE.

Quant à ceux qui croient à la contingence de certains futurs, ils se trompent ; le mot contingent désigne des faits nécessaires qu'on ne sait pas rapporter à leur causa integra, de même que le mot possible, opposé au mot nécessaire, désigne souvent des faits impossibles parce qu'on ignore l'enchaînement réel des causes et des effets. En vain certains logiciens prétendent-ils que, dans les propositions disjonctives touchant le futur, ni l'un ni l'autre des termes pris isolément ne sont vrais ou faux, la proposition totale étant seule nécessaire ; ce qui est vrai, c'est que l'indétermination n'existe que pour notre ignorance, et que l'un des termes est déjà déterminé « anteitione causarum^ ».

Il est bien évident dès à présent que la métaphysique de Hobbes ne laisse aucune place ni à la contingence dans le monde, ni à la liberté dans l'homme : partant, il n'y a pas non plus de linalité ou de cause finale, dans le sens où les métaphysiciens prennent ordinairement ces termes ; la cause finale n'a de place en tout cas que dans le domaine de la sensibilité et de la volonté, et sous cette forme elle n'est, en réalité, qu'une cause évidente. Quant à la causa formalis ou essentialis, classée aussi à part quelquefois par les métaphysiciens, elle n'a de sens que dans l'ordre de la connaissance et comme cause efliciente de la connaissance : considérer en effet l'essence comme la cause d'un être, la rationalité par exemple comme la cause de l'homme, c'est dire que la rationalité est la cause de Vêtre raisonnable, ce qui n'est qu'une vaine tautologie ; la cause

1. « Propositio itaque omnis de futuro contingente vel non contingente, qualis est haec, cras pluet, vel haec cras sol orietur, necessario vera est, vel necessario falsa ; sed qiioniam utrum vera an falsa sit nondum scimiis, idco vocamus eam contingentem ; qimm tamen veritas ejus non a nostra scientia, sed ab anteitione causnrum dopendeat ; sunt autem, qui etsi totam hanc, cras pluet vel non pluet, necessariam esse fateantur, neutram tamen seorsim, veiut, Cras pluet, vel, Cras non pluet veram esse volunt ; quoniam, inquiunt, nec haec, nec illa determinate vera est. Sed quid est hoc determinalc vera, nisi cognite, id est, evidenter vera? Itaque eamdcn rem dicunt, nimirum nondum sciri an sit vera necne, obscurius tamen, dum quibus verbis inscientlam suam tegere conantur, iisdom roi evidenliam simul opprimunt. » De Corpore^ II, X. § 5.

LA PHILOSOPHIE DE IIOBBES

essentielle est donc de l'ordre de la connaissance, et pour parler correctement, il faut dire que la connaissance de r essence est la cause de la connaissance de la chose ; si, en effet, j'aperçois qu'un être est raisonnable, j'en puis conclure que cet être est un homme. La cause formelle n'est donc au fond qu'une cause efficiente, et il n'y a en définitive que des causes efficientes et des causes matérielles 1.

De même que la cause se réduit en dernière analyse à une synthèse des accidents des corps, ceux-ci n'étant à leur tour déterminables qu'en fonction de la position et du mouvement, c'est-à-dire géométriquement et mécaniquement ; de même la force n'est qu'une forme particulière du mouvement, un état spécial de certains mobiles : « Motus magnitudo eo quo jam diximus modo computata, id ipsum est quod appellamus vulgo vim 2 » ; c'est un mouvement capable de produire des effets déterminés ; c'est une véritable puissance, qui tantôt passe à l'ac/e, quand les conditions de son déploiement sont réunies, tantôt n'y passe pas, quand quelques-unes de ces conditions ne sont point réalisées.

La force est à l'état de conatus et prend le nom de Conatus, quand le mouvement est évalué en un espace et en un instant plus petits que toute quantité donnée : « Conatum esse motum per spatium et tempus minus quàm quod datur, id est determinatur, sive expositione vel numéro assignatur, id est, per punctum. » Le conatus représente la force à l'état de tension, et marque le degré de tension de la force ; il est en raison de la vitesse.

Les mécaniciens appellent inipetus la vitesse du mobile : « Impetum esse ipsam velocitatem, sed consideratam in puncto quolibet temporis in quo fit transitus. »

La résistance est l'opposition directe ou oblique des conatus de deux mobiles qui se rencontrent et se dirigent en sens inverse : « Resistentiam esse, in contactu duorum

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