‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophieChapitre 70 sur 146 · PSYCHOLOGIE DE HOBBES · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE DE HOBBES

La connaissance de la nature de Vhomme est nécessaire à ceux qui veulent entendre les principes de la Politique.

« Pour se faire une idée claire des éléments du Droit naturel et de la Politique, il est important de connaître la nature de rhomme, de savoir ce que c'est qu'un corps politique et ce que c'est qu'une loi. Depuis l'antiquité jusqu'à nous, les écrits multipliés qui ont paru sur ces objets n'ont fait qu'accroître les doutes et les disputes : mais la véritable science ne devant produire ni doutes ni disputes, il est évident que ceux qui jusqu'ici ont traité de ces matières ne les ont point entendues. » (Nat. humaine, ch. PS 1, page 195.)

D'ailleurs, si les hommes s'entendent si peu en matière d^éthique et de politique, c'est que leurs intérêts et leurs passions y sont beaucoup plus en jeu que dans les mathématiques par exemple i.

On a vu plus haut comment l'éthique, qui précède la politique, se rattache à la mécanique et à la philosophie première : il n'y a que corps et mouvement dans le monde ; et tout, dans l'homme, comme dans l'univers,

1. « La raison et la passion, les principaux ingrédients de la nature humaine, ont fait éclore deux espèces de sciences, l'une mathématique, et l'autre dogmatique. La première ne donne aucun lieu aux contestations, consistant uniquement dans la comparaison de la figure et du mouvement, objets sur lesquels la vérité et l'intérêt des hommes ne se trouvent nullement en opposition. Dans la seconde au contraire, tout est sujet à dispute, parce qu'elle s'occupe à comparer les hommes, et qu'elle examine leurs droits et leurs avantages, objets sur lesquels toutes les fois que la raison sera contraire à l'homme, l'homme sera contraire à la raison. » Nature humaine, Epître dédicatoire, p. 192.

LA PHILOSOPHIE DE IIOBBES

s'explique par des mouvemenls visibles ou invisibles. Les facultés de Thomme ne sont que les résultats des mouvements imperceptibles de son organisme ; on en distingue Qénéralement deux classes : les facultés du corps et les facultés de l'esprit

Physiologie de rhomme. — Hobbes n'entre pas dans de grands détails sur la physiologie humaine; il dit même dans le Traité de la Nature humaine qu'il n'est pas nécessaire à son objet d'entrer dans un détail anatomique et minutieux des facultés du corps. Relevons seulement les traits principaux. Les facultés du corps peuvent être réduites à trois : V la faculté motrice, 2" la faculté nutritive et 3° la faculté générative (L 6. p. 196).

Le corps est animé d'un mouvement vital qui commence avec la génération et qui se distingue du mouvement animal, ou mouvement volontaire ; le mouvement vital se continue pendant toute la vie et se traduit par le mouvement du sang (Hobbes se rallia comme Descartes à la découverte de Harvey sur la circulation), par ceux du pouls, de la respiration, de la digestion, de la nutrition et de l'excrétion, qui n'ont pas besoin du secours de l'imagination.

Ce mouvement vital est réglé et mis en rapport avec les mouvements extérieurs par les esprits animaux qui circulent à travers les tubes nerveux (théorie analogue à celle de Descartes) ^.

Wk 1. « Nature de l'homme, composée des facultés du corps et dê ^Belles de l'esprit. » Titre du chap, i" de la Nature humaine, p. 195. j/fr « La nature de l'homme est la somme de ses facultés naturelles, telles que la nutrition, le mouvement, la génération, la sensibilité, la raison, etc. Nous nous accordons tous à nommer ces facultés naturelles ; elles sont renfermées dans la notion de l'homme qu'on appelle un animal raisonnable. — D'après les deux parties dont l'homme est composé, je distingue en lui deux espèces de facultés, ccJJcs du corps et celles de l'esprit. » Nature humaine, I, ch. iv et v, p. 196.

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