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De Corpore, IV, ch. xxv, p

2. Per sonsionem vulgo intelligimus aliquam de rébus objectispoi' phantasmala judicationem ; phantasmata scilicet comparando et distinguendo ; id quod, nisi motus in organo ille a que pliantasma ortum est, nliqunndiu maneat, ipsumque phantasma quandoque rcdeat, lieri non polcst. » De Corpore, IV, ch. xxv, p. 5.

LA PHILOSOPHIE DE HOBBES. 167

et la mémoire n'est-elle pas la synthèse des représentations passées et présentes i ? En tout cas, la mémoire est tout au moins une condition nécessaire de la sensio.

Elle devient du même coup, remarque Hobbes avec non moins de perspicacité, la condition nécessaire de l'observation psychologique. M. Egger a insisté dans sa thèse française sur le caractère que doit avoir toute observation psychologique sérieuse de porter sur le passé qui est immodifiable, et non sur le présent que l'esprit et les préoccupations de l'observateur modifieraient sans cesse contre l'intérêt de l'exactitude scientifique. Hobbes, sans avoir le même souci et sans vouloir éviter ces dangers, indique pourtant que l'instrument de la méthode psychologique doit être la mémoire du passé, et non la conscience du présent 2.

Cette analyse, qui est jusqu'à présent, comme on l'a pu voir, purement psychologique, nous met en mesure de découvrir les causes de la sensation.

Si la première loi de la conscience est la loi du changement, il ne faut pas oublier que le changement, à son tour, n'est que mouvement ; la succession perpétuelle des représentations ne s'explique donc pas autrement que par un mouvement constant, ou par un « conatus », un effort de réacfioa (réductible lui-même au mouvement [Voy. p. 157]) des parties internes du corps sentant 3.

1. « Sensioni ergo de qua hic agitur, quaeque vulgo ita appellatur, necessario adhaeret memoria aliqua, qua priera cum posterioribus comparari et alterum aij altero distingui possit. » De Corpore, IV, ch. xxv, p. 5.

2. « Sed quo, inquies, sensu contemplabimur sensionem ? Eodem ipso, silicet aliorum sensibilium etsi praetereuntium, ad ahquod tamen tempus manens Memoria. Nam sentire se sensisse, meminisse est. » De Corpore, IV, ch. xxv, p. 1.

3. « ...Phantasmata nostra esse semper eadem, sed nova subinde oriri et vetera evanescere, prout sensionis organa modo in unum, modo in aliud objectum convertuntur. Generantur ergo r^t pereunt, ex quo intelligitur esse ea Corporis senfientis mutatio aliqua. » De Corpore, IV, ch. xxv, p. 1.

K Sensio igitur in sentiente nihil aliud esse potest praeter motum partium aUquarum intus in sentiente existentium, quae partes motae oiganorum quibus sentimus partes sunt. » De Corpore, IV, ch. xxv, p. 2.

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La « sensio » n'est donc pas autre chose dans l'être qui sent que le mouvement de ses parties internes ou de ses organes sensoriels ; nous connaissons déjà le suiet de la « sensio », c'est-à-dire l'être en qui résident les images, et la nature de la « sensio », que nous pouvons définir un mouvement interne dans Vêtre sentant^.

Or on sait, par la philosophie première et par la mécanique, que le mouvement ne peut être engendré que par un corps contigu en mouvement. Donc la cause immédiate de la « sensio » est dans ce qui touche et presse les organes sensoriels, grâce auxquels le mouvement est porté de la périphérie au centre des corps 2.

La cause première du mouvement est l'objet senti.

Une étude physiologique et physique des conditions de la sensation prouve la vérité de cette doctrine, à savoir « qu'il n'y a réellement dans le monde, hors de nous, que les mouvements, par lesquels ces apparences (les représentations) sont produites » (Nat. hum. IL 10, p. 204-205).

L'homme a cinq sens, par lesquels il acquiert des conceptions diverses des qualités diverses des objets ; ces cinq sens sont : la vue, visus — l'ouïe, auditus — l'odorat, olfactus — le goût, gustus — le toucher, tactus. Ces divers sens possèdent des organes communs, et des organes propres^' Les organes communs sont les nerfs, véritables tubes à travers lesquels circulent les esprits animaux de la périphérie du corps au cerveau ; les organes propres sont constitués par les parties spéciales et distinctes qui rendent possibles pour chaque sens des sensations diverses : l'œil, instrument d'optique — l'oreille, cornet acoustique, etc. L'appareil sensitif est composé des organes sensoriels qui communiquent par les nerfs et leurs enveloppes avec le cerveau et avec les méninges, et d'autre part une cor-

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