De Corpore, IV, xxv, ch. i
4. « Itaque et sensioni adhaeret proprie dictae, ut ei ahqua insita -sit pcrpetuo phantasmatum varietas, ita ut aliud ab aho discerni possit. Si supponeremus enim esse hominem, oculis quidem claris
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
La conscience ne peut, d'ailleurs, avoir à la fois qu'une seule représentation ; mais, comme d'autre part le changement est sa loi fondamentale, elle apparaît comme une succession et comme identique au temps, qui n'a qu'une dimension. Il suit de cette double condition de la conscience que tous les mouvements, tous les e//orfs des. organes ne sont pas des « sensiones », mais seulement un seul eiïort (« conatus ») à chaque instant, à savoir celui qui, en cet instant précis, l'emporte en intensité sur tous les autres ^.
Mais si les phénomènes, pour être représentés à la conscience, doivent être en état de changement et de succession constants, c'est que sans doute ils se font ressortir mutuellement par contraste, par opposition ; et, au fond, Vopposition suppose la comparaison et la ressemblance i en d'autres termes, la relation serait la loi principale de la conscience. C'est une remarque qui caractérise la psychologie moderne et qui n'a point échappe à Hobbes 2.
Avec une perspicacité très grande, Hobbes conclut de cette nécessité pour l'esprit de comparer entre eux des termes distinctifs, et de cette autre nécessité où il est de n'avoir à la fois qu'une seule représentation, l'importance capitale de la mémoire et peut-être l'identité au fond de la mémoire et de la conscience : car la conscience n'est-ellepas la synthèse des termes successifs de la représentation^
caeterisque videndi organis recte se habentibus compositum, nullo dutem alio sensu praeditum, eumque ad eamdeiii rem oodem semper colore et specie sine ulla vel minima varietate apparentem obversum esse, mihi certe, quicquid dicant alii, non magis videre videretur, quani ego videor per tactiis organa sentire lacertorummeorum ossa. Ea tamen perpctuo et undiquaque sensibilissima membrana conlingunlur. Attonitum esse et fortasse aspectare euiii, sed stupentem dicerem, videre non dicerem ; adco sentire semper idem, et non sentire, ad idem rccidunt. » De Corpore, IV, xxv, 5.
Ne sentir d'une manière continue qu'une seule chose, c'est stupor qui équivaut à àvataOr,(jtç [Id., ibid., 6.)