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Nature humaine, II, ch. x, pp

les objets extérieurs, c'est un « mouvement centrifuge 1 ».

C'est pour cela que nous rapportons au monde extérieur l'origine de nos sensations, ou, pour parler le langage de M. Egger, que nous externons nos sensations. La lumière, le son, etc., sont vus par l'esprit comme hors de lui-même, parce qu'ils sont des mouvements centrifuges du système nerveux ^.

Voilà pourquoi l'objet est aperçu comme situé en dehors de l'organe *.

Mais, quoique toute « sensio » ait sa cause dans la réaction du sujet, il n'est pas nécessaire, comme l'ont cru certains philosophes, que tout ce qui réagit soit doué de sentiment ; dans cette hypothèse, en effet, tout être serait un être sentant, tout être étant capable de réaction. Réagir ne suffît pas, il faut, en outre, un prolongement de la réaction, même après que l'action a cessé ; et, tandis que la réaction cesse dans la plupart des êtres en même temps que l'action ^, elle persiste après l'action chez l'être sentant sous la forme de Vimagination et de la mémoire ; sentir, en effet, c'est comparer les termes passés de la représentation aux termes présents, c'est en un sens sentir qu'on a senti, c'est se souvenir, et nous savons déjà que la mémoire (ou réaction prolongée) est la condition indispensable de la conscience.

1. « Sensio est ab organi sensorii conatu ad extra, qui generatur a conatu ab objecto versus interna, eoque aliquandiu manente per reactionem factum plianlasma. » De Corpore, IV, xxv, § 2.

2. Dans la vision, l'enveloppe intérieure de l'œil, pressée par l'éther, « n'est qu'une portion du nerf optique, ce qui fait que le mouvement est par ce moyen continue jusqu'au cerveau, qui, par sa résistance ou réaction, meut à son tour le nerf optique ; et faute de concevoir cet effet comme réaction ou rebond du dedans, nous le croyons du dehors et l'appelons lumière. »

De même le son est un mouvement communiqué « au cerveau par l'oreille et ses nerfs ; le cerveau a du mouvement et non du son ; l'impulsion reçue par le cerveau rebondit sur les nerfs qui émanent, et alors elle devient une apparence que nous appelons le son. » Nature humaine, II, pp. 198 sqq.

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