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De Corpore, IV, ch. xxv

4. Cf. Leibnitz qui dit du corps que, s'il était doué de mémoire ■comme il est doué de force, il serait un esprit.

LÀ PHILOSOPHIE DE HOBBES

Cette analyse permet de donner un sens précis aux termes employés par l'École : le suiet est le sentant ; Vobiet est le senti ; les qualités sont les sensibles ou images du sujet sentant. L'image (phanlasma) ou représentation est Vacte du sentant, et ne diffère pas de la « sensio » autrement que le « lieri » du (( lactum esse » ^.

Ailleurs, Hobbes proclame l'identité du « phanlasma » et de la « sensio », sans même faire la distinction du (( [ieri » et du « (actum esse ».

L'étude de la vision devait conduire Berkeley à des conclusions idéalistes ; l'étude de la perception, en général, conduit Hobbes à des affirmations très précises dans le même sens, qui ont la plus haute importance, et qui, si on les rapproche de celles que nous avons fait ressortir déjà de l'exposition de sa philosophie première, sont de nature à jeter un jour tout nouveau sur la philosophie de notre auteur.

Ramener, en effet, toutes les formes diverses des agents physiques à la forme unique du mouvement, et toutes les actions organiques des divers organes sensoriels à l'action uniforme du système nerveux, puis prétendre trouver la perception non dans l'impression directe des objets sur l'esprit, mais dans la réaction du cerveau et du centre conscient sur les objets du dehors, c'était : P entrevoir la haute portée des explications mécanistes de l'univers ; 2° chercher dans la diversité des dispositions du système nerveux et de la réaction des centres une cause de la diversité des sensations, comme devaient le faire les physiologistes modernes après Johann Mûller ; 3° enfin, c'est reconnaître l'action prépondérante de la conscience sur la nature de nos sensations.

Par cette triple voie, Hobbes incline vers un idéalisme, qui repose sur l'analyse de la perception, et sa conclusion

1. « Phanlasma enim est sentiendi aclus ; neque differt a sensione aliter quam fieri differl a factum esse; quae differentia in instantaneis nulla est. Fit autem phanlasma in instante... ; facto autem phantasmate, sensio simul facta est. » De Corpore, IV, ch. XXV, § 3.

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est de la plus haute importance i : Si les images, dit-il, s'expliquent par une réaction du cerveau sur le monde extérieur, et si au fond elles ont pour origine le mouvement, « elles appartiennent à Vêtre sentant, et ne sont point des accidents de l'objet senti ». Et dans le Traité de la Nature humaine : « Le sujet de leur inhérence n'est point l'objet, mais l'être qui sent. » Outre les théories générales sur les sens qui viennent d'être développées, il en apporte un supplément de preuves, tirées en grande partie des erreurs des sens :

P Par des sens di[{érents, nous acquérons des idées différentes du même objet 2.

2° Si la thèse idéaliste n'était pas vraie, il faudrait revenir à la théorie scolastique des espèces, qui est insoutenable 3.

3° En preuve que les données des sens ne sont en nous que les apparences « du mouvement, de l'agitation ou du changement que l'objet produit sur le cerveau, sur les esprits ou s:ur la substance renfermée dans la tête », Hobbes énumère les observations suivantes :

a) Le même objet peut nous envoyer plusieurs images ; par exemple le soleil est vu en même temps dans un miroir

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