Léviathnn, I, ch. iv. — De Homîne, X, p
4. « Les choses désignées par des noms sont ou les objets euxmcmes, comme un homme ; ou la conception elle-même que nous avons de l'homme, telle que sa forme et son mouvement ; ou quelque privation, comme lorsque nous concevons qu'il y a en lui quelque chose que nous ne concevons pas... non juste, non fini... injuste, infini. » Nature humaine, p. 220. Cf. Logica, II, § 7.
5. « Toutefois la certitude de cet axiome est le principe et le fondement de tout raisonnement, c'est-à-dire de toute philosophie. » Logica, II, 8.
6. « Il y a encore, parmi les noms, des noms communs à plusieurs choses, tels que homme, arbre ; et d'autres qui sont propres à chaque chose, comme... Homère... etc. Or le nom commun n'est
LA PHILOSOPHIE DE HOBBES
texte de la Logique est de la plus haute importance ; il montre que, pour Hobbes, non seulement il n'existe rien dans la réalité que des individus i, mais que les conceptions mêmes de la pensée ne pourraient dépasser la représentation des individus sans le secours des mots, auxquels seuls s'attachent et se rivent la généralité et Vuniversalité.
Il y a plusieurs conceptions d'une seule et même chose ; il y a donc plusieurs attributs pour la même ; l'homme, par exemple, peut être à la fois iuste, vaillant, bipède 2 ; inversement le même nom peut servir d'attribut à des choses diverses, et c'est ainsi qu'on vient d'expliquer cidessus la distinction des noms individuels et universels, propres et communs. Or, cette double remarque nous explique comment, parmi les noms communs, les uns le sont plus, les autres moins 3.
De là naît une troisième distinction entre les noms. Les uns sont appelés de première et de seconde intention ^.
pas le nom de plusieurs choses prises collectivement ou ensemble, mais celui de chacune de ces choses prises séparément. Ainsi homme n'est pas le nom du genre humain, mais il est celui de tout homme, tel que Pierre, Jean et les autres considérés particulièrement : et c'est pour cela que le nom commun est nommé universel. Cet adjectif universel n'est donc pas la qualité d'une chose quelconque existante dans la nature, ni d'une idée, ni d'une image formée dans notre esprit, mais seulement celle d'un mot ou d'un nom ; ainsi, lorsqu'on dit animal, pierre, spectre, etc., est universel, il ne faut pas entendre qu'il y ait aucun homme, aucune pierre, aucun être, qui ait été, soit, ou puisse être universel ; mais seulement que les mots animal, pierre, et les autres pareils sont des noms universels, c'est-à-dire communs à plusieurs choses ; ■et les pensées qui répondent dans l'esprit à ces" noms communs sont les images et les représentations particulières de chacune de ces choses. » Logica, II, 9.
1. « Nihil enim in rerum natura universale et praeter rerum vocabula ; nam res nominatae sunt omnes individuae et singulares. » Léviathan, I, ch. iv.