Mentem agere in se ipsam, nullam aclionem in se ipsam
€t qui est la réflexion : « Geben wir dem Gemûlh einen o-rôssere Platz als einen Punkl, lisons-nous dans la lettre à Jean Frédéric i, de 1671, so isl ess schon ein Kôrper, ùndt hat partes extra partes, ist daher sich nicht selbst intime praesens, undt kann also aùch nicht auiï aile seine Stùcke undt Actiones reflectiren. Darin doch die Essentz aleichsamb des Gemûthes bestehet. » Dans le même ordre d'idées, Leibnitz se faisait fort ailleurs de démontrer, outre l'incorruptibilité et l'immortalité de l'âme 2, la célèbre proposition de Descartes, à savoir que l'âme pense toujours, et cette autre proposition, plus remarquable encore, en ce qu'elle touche peut-être au plus profond de la nature de l'âme, à savoir qu'elle est incapable d'oubli 3 : qu'est-ce, en effet, que l'âme, ou mieux que la conscience, sinon une harmonie présente résultant, comme il l'a dit en propres termes, de la composition des harmonies antérieures, lesquelles à leur tour se résolvent dans une multiplicité et une opposition de conatus indestructibles ? L'âme est donc une synthèse dont la suprême loi est de se continuer dans une série sans fin de synthèses qui en sortent, d'où il résulte d'abord qu'elle pense toujours, et dont les éléments sont tels qu'aucun d'eux, sans ruiner du même coup le monde du mouvement ou des corps et celui de la pensée ou des esprits, ne peut se perdre dans l'oubli. Mais il fallait encore que l'àmc fût un centre, pour qu'elle fût une telle synthèse ou, selon le mot de Leibnitz, une telle harmonie : d'un conatus unique peutêtre peut-on dire, en effet, qu'il est un élément de l'âme ou de la pensée ; mais on ne peut point dire qu'il soit une conscience ; et la raison en est qu'un conatus unique, même
esse motum. nullam esse actionem corporis praeler motum, ac proinde mentera non esse corpus. » Ibid., I, 61.