Arnauld, I
3. « Sensuin catiliniionem, cum voluntate seu conalu aj^i'iidi. » A Arnauld, I, 73.
17^ ÉTUDES d'histoirl: de la philosophie.
ngouicLiscmeiil indivisible ; mais si, à la différence des points physiques, qui sont réels, mais qui ne sont point exacts, on peut dire qu'il est d'une exactitude rigoureuse, il faut avouer, d'aufre pari, qu'il n'est point réel et qu'il n'est c[u'une limite et qu'une modalité. Des points mathématiques tout au plus peut-on dire qu'ils sont les « points de veue » des amcs dans l'univers ; mais il n'y a qur celles-ci (jui, indivisibles comme eux, soient d'autre part réelles, comme les points physiques. Disons donc qu'elles sont des points métaphysiques ou des points de substance, dont les autres ne sont que l'apparence dans l'espace ^.
Devant ces conséquences, qu'il tirera bien plus tard, mais qui sont contenues dans les propositions de la lettre à Arnauld, ce qui retient Leibnitz, c'est la confiance inébranlable qu'il a à cette époque dans la géométrie ; aux lois du mouvement qu'il confond, par une erreur grave en mécanique, avec celles de la composition des vitesses, le conatus, tel que le définit Hobbes, est pleinement suffisant ; et pourvu qu'on y ajoute l'élément du souvenir, il ne faut rien de plus, à ses yeux, pour assurer la distinction du corps et de l'esprit. Mais qu'un jour vienne où Leibnitz, a\erti, par les découvertes de Huygens, de l'insulfisance radicale de la composition géométrique des vitesses ou de la phoronomie à rendre compte du choc et de toutes les particularités de l'échange du mouvement, et qu'éclairé par une science plus exacte il renonce à une foi dans la géométrie qui ne faisait d'ailleurs qu'accuser entre le monde des corps où le mouvement s'annihile, et le monde des esprits, qui tend, tout au contraire, à sa préservation, une disproportion croissante, et la doctrine future, dégagée des obstacles que soulevait devant elle une géométrie excessi\e et bornée, sortira spontanément des germes déposés dans la doctrine ancienne.