Définition 3, p. 32, ibid
il donc penser que cette démonstration ne puisse se concilier avec la doctrine alors dominante dans l'esprit de L.eibnitz ? Nous ne le croyons pas : l'atome de Leibnitz, par cela seul qu'il possède, comme on l'a déjà \u, une grandeur finie et une figure finie, admet comme tous les corps une divisibilité qui va à l'infini ; et quoiqu'il soit en fait indivisible et incorruptible, ce n'est pas qu'il ne possède une multiplicité infinie de parties qu'Epicure lui-même admettait très bien i. L'essentiel, pour qu'il soit l'élément primordial des choses, est qu'il soit indissoluble, ou, ce qui est tout un, que dans son intérieur ses parties échappent pendant l'éternité à tout dérangement et à tout déplacement. Il se peut donc fort bien que, jusque dans l'atome, Leibnitz, comme Epicure, Lucrèce et Gassendi, ait \u un continu 2, partant un infini ; et sa démonstration n'en aurait à ses yeux qu'une force plus grande, puisque ce qu'il dit d'un corps ^, à savoir que s'il était mis en mouvement par une substance incorporelle, ce ne pourrait être, puisqu'il est continu, que par une substance d'une vertu infinie ou par Dieu, il peut le dire d'un atome ; en sorte que, pour donner la première impulsion, non seulement à l'univers dans sa totalité, mais à un seul atome, il ne faudrait rien de moins qu'une virtus infînita, ou que l'intervention de la puissance divine.
Cependant les progrès croissants de l'athéisme, liés sans nul doute pour une grande part à ceux d'une doctrine qui permettait de croire « phaenomcna naturalia, seu ea niiac in corporibus apparent, salvari et explicari posse, Deo non supposito, nec ad ratiocinandum assumpio », et pcnt-OIre l'émotion qui lui vint d'une lecture approfondie de Hobbes, ramenant la foi en Dieu « vel pracceptis civilibus, vel historiarum relationi », foi d'autant plus précaire qu'un livre de Spinoza venait de jeter un doute sur les sources de l'his-