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LA PREMILRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ. 185
Du mouvement, Leibnitz tire des conclusions analogues : « Re accuratius perpensa apparebit ex nalura quidcni corporis oriii mobilitatem, sed non ipsum molum... »
A la preuve de l'existence de Dieu qu'il avait déjà tirée en 166(3, quoique d"une manière moins rigoureuse, de l'existence du mouvement, Leibnitz ajoute donc une preuve nouvelle fondée sur la détermination, qu'on ne peut tirer de l'espace, de la figure et de la grandeur des corps ; mais ce qu'il faut surtout remarquer, parce qu'elle contient de l'atome une critique décisive, c'est la preuve qu'il tire de la nécessité de reporter à Dieu la cohésion des corps et en. dernière analyse des atomes eux-mêmes, comme une qualité qu'on ne peut décidément dériver ni de l'espace ni d'une matière première, et d'où bientôt il dira que relève dans les corps tout ce qu'ils ont de réel.
Notons enfin, avant de quitter la Conjessio naturae, l'utilité de ces preu\es, qu'il indique d'un trait, et notamment de la solidarité des mouvements de l'univers, pour établir l'unité, la sagesse et la puissance de Dieu i.
Mais ce qui mérite d'être avant tout remarqué, c'est le secours réciproque que se prêtent chez lui le souci de développer la philosophie de la nature, et le souci non moins grand de fortifier par là plutôt que d'affaiblir les motifs de croire à l'existence de Dieu. C'est en fait ce dernier qui, tandis (lue la foi lui semblait chez, tant d'autres compromise par les principes, d'ailleurs nécessaires à la science, de la philosophie dite corpusculaire, l'amène pour la première fois à la critique approfondie non seulement du mouvement, de la grandeur et de la figure, mais encore de la cohésion ou de la solidité, lesquels jusqu'alors lui avaient apparu comme autant de qualités premières ou de propriétés inhérentes à l'atome. Or, qu'il n'en soit rien cl que de la seule nature du corps on ne puisse déduire ni ce qui donne aux corps leurs délonninalions. ni aux éléments mêmes ce sans quoi ils cesseraient d'être