‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 37 sur 170 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ. Ot

mouvement, de celles, en d'aiUres 1eri#es, qui ont leur origine dans la raison de Dieu, puisque aussi bien elles sont les seules qui satisfassent notre raison humaine. De la raison humaine à la raison divine, il y a cette distance que la raison humaine conçoit comme possibles, mais, n'étant point créatrice, ne peut appeler à l'existence les figures et le mouvement, et parlant les corps qui dérivent de la figure et du mouvement, tandis que la raison divine les conçoit à la fois et les réalise i ; mais dans la contemplation du vrai, on ne peut imaginer que la raison humaine ne soit pas dirigée et comme éclairée par la raison divine : on ne peut imaginer en d'autres termes c^u'il y ait répuo-nance entre la vérité humaine et la vérité divine. Si donc il faut reconnaître que les lois du mouvement, qui n'est rien d'autre en somme que mutatio loci aut spatii, ne peuvent qu'être conformes aux lois d'une géométrie rigoureuse, il faut reconnaître aussi qu'elles sont telles da|[g . le fond de la nature ^, et cfu'elles y ont été appliquées dès le commencement et continuent à y être appliquées sans relâche dans un monde qui est l'œuvre Dei geometrisantis 3, ou d'un Dieu qui respecte, en tant que créateur, les lois de l'éternelle et unique vérité.

Le succès d'une mécanique grossière et purement approximative ne doit donc point nous faire illusion ; de ses constructions on peut dire, si l'on veut, qu'elles sont réelles, dès lors qu'elles rendent compte des mouvements apparents et sensibles, du moins avec une suffisante exactitude ; mais on ne peut pas dire qu'elles soient exactes absolument ni surtout qu'elles soient vraies, si elles ne dérivent point de lois purement abstraites et ration-

1. « Geomelrica (se. constructio) continet modos, quibus corpora construi possunt. licet saepe a solo Deo... » Ibid., p. 23i-235.

Quand nous tentons une telle construction, elle est exacte, mais imaginaire ; « imaginaria, sed exacta ». Nous retrouvons les modes de la construction divine, « dummodo scilicet non implicare intclligantur » ; mais nous no pouvons le plus souvent les léaliacr, et c'est pourquoi notre construction reste imaginaire.

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