De forporr, III, ch. xv
HA.N.NEQUi.X. 11. 7
98 LTUDES d'histoire DE LA THILOSOPHIE.
iiicuL OU à la pénétration. Considérons, en effet, les éléments des corps : la seule cause qui empêche l'un de ^pénétrer l'autre est le mouvement réel ou, plus exactement, au moment du concours, le conalus contraire que le premier oppose au conatus du second ; aussi Hobbes disait-il : « Resislentiam esse in contacta duorum mobilium coiiatum conatui, vel omnino, vel ex aliqua parte contrarium i » ; et cette résistance, aux directions diverses cl aux degrés variables, est ce que les physiciens appellent la pression : « duorum mobilium allcrum alterum premere dicimus, quando conatii suo unum eorum facil ul alterum vel pars ejus loco cedat. » Deux mobiles qui se pressent s'opposent donc entre eux une résistance mutuelle : et il ne faut rien de plus pour engendrer, selon Hobbes, la cohésion d'un corps : ce dont elle résulte directement, c'est de la réaction de ses éléments constituants ou de leurs conatus contre toute action contraire et contre toute p .-ssion des corps environnants ; et il va de soi qu'elle -se mesure au degré des pressions développées dans cette action mutuelle.
De cette doctrine plus qu'ingénieuse et vraiment animée de l'esprit de la physique moderne, Leibnitz ne manque point de s'inspirer quand il aborde à son tour le problème de la cohésion, problème d'une importance capitale pour une philosophie qui suppose la fluidité absolue de l'espace, et d'une matière première 2, qui, avant tout mouvement, ne s'en distingue point. Mais il y trouve pourtant certaines difficultés sur lesquelles il insiste dans la lettre célèbre qu'il écrivait à Hobbes au moment même où il adressait à Oldenbourg la Theoria motus concreli : si l'on suppose, en effet, que la cohésion d'un corps est due à la réaction de ses parties propres contre l'action inverse des corps environnants, il faut, de deux choses l'une, ou que la réaction des unes naisse seulement en même temps