‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 75 sur 170 · Theuv. m. concr.. S · texte numérisé non relu

Theuv. m. concr.. S

Cui acldo, \i.\: [)Uiicliua sensibile in vaste illo spalio desiguari posse. per quod alicujus astri radius ad nos lendens non aliquando Iranseat. Radium autem lucis non esse sine corpore, pro certo sumo, sunt enim omnes lucis effectus corporci, ut qui hoc iiegat, pari jure corpora in universum negare posse videatur i. »

Dans la lettre à Fabri que nous venons de citer, il semble que LeLbnilz, attribuant à l'éther des mouvements revenant sur eux-mêmes ou circulaires, ait songé à en déduire la formation de la terre, qui, étant liquide, se serait arrondie sous l'action de l'éther à la manière d'une goutte, en vertu de la proposition 7 : « fluida fluidis heterogeneis circumdata in guttam rotundam colliguntur. » On ne voit pas d'ailleurs ce que pouvait y gagner l'hypothèse : car on ne faisait point disparaître ainsi, mais bien plutôt on postulait riiélérogénéité, « vix explicabilis », de la terre liquide et du fluide éthéré.

Dans la Theoria molus concveti, le rôle de l'éther est ré-,' duit tout d'abord à la transmission dans tous les sens à partir du centre du soleil des rayons lumineux émis par ce dernier. Et comme on ne peut admettre la communication pure et simple de la gyration solaire à l'éther qui l'entoure, ainsi que renseignaient Torricelli et Hobbes, laquelle ne pourrait s'expliquer que par une action de frottement inexplicable par les lois du mou\cment abstrait, il fallait supposer dans le soleil outre son mouvement de rotation primitif, un mou\ement par lequel il projette hors de lui-même en ligne droite des parties dont le mouvement se communique à l'éther conformément aux lois du mouvement abstrail. Ce mouvement des particules solaires n'est pas dû davantage à l'action centrifuge de la rotation du soleil, sans quoi depuis longtemps elles se seraient toutes dissipées dans l'espace (alioquin dudum omnes avolassoiil) ; mais si seulement on admet le concours dans le soleil de mouvements particuliers circulaires, « aut alio-

1. Ep. ci'l Fabri, prop. 1, p. 210. Cf. Th. m. concr., § 5, p. 182.

^112 ÉTUOLS u uistoirl; Di; i.a l'iiiLObui'Jiii:.

quiii in se rcdcnulium », (Taprès le problème 7 de la Tlieoria inolus abslracli, li's inarticulés qui se lieurlenl devront prendre la direction de la bissectrice extérieure de l'angle de concours, et animeront l'éther de mouvements en ligne droite et dans tous les sens à partir du centre du soleil en vertu de la loi de la propagation à l'infini des conatus dans le plein. Par tous les points de sa surface le soleil agit ainsi hors de lui-même (agit extra se), et la continuité de l'éther ou sa divisibilité à rinliiii nous induit d'autre part à penser : « Non posse dari punclum sensibile circa solem ad lellurem usque et ultra, ad quod non quolibet inslanti sensibili radius aliquis solis, id est aetheris agitalio per emissam a sole recta linea parlera (etsi non pars ipsa) perveniat. Ouae res ob divisibilatem cujuslibet continui in partes quantumvis parvas in infinitum non est difficilis explicatu i. »

Sans produire une dispersion des parties du soleil dans l'espace comparable à celle qui résulterait du mouvement centrifuge dû à la gy ration générale du soleil, les mouvements circulaires particuliers des parties du soleil engendrent donc dans tous les sensxles mouvements rectilignes de l'éther, qui viennent frapper la terre, en l'éclairant, avec la vitesse prodigieuse de la propagation de la lumière. Et leur premier effet, avec une telle vitesse, est d'introduire dans notre globe primitivement homogène une différentiation rapidement progressive et une hétérogénéité qui va jusqu'à l'infini.

Quelle que soit, en effet, la densité primitive de la terre (et c'est arbitrairement que Leibnitz la suppose moyenne entre celle de l'air et celle de la terre, c'est-à-dire approchant de la densité de l'ean 2). il faut faire à l'égard de celle-ci la supposition la plus simple et la considérer comme homogène dans toutes ses parties. Cependant, en

1. S 5. Et Leibnitz ajoute celle réllexion iiénélranle : « Cicleinim ex his, ut obiter acimoneam. nccessario denionstrari polest, inipossibile esse, ut sol luxerit ab aelorno. nisi sit unde perpetuo rcparelur. » P. 182.

Page 1