Ibid., § 47, p
sance proportionnelle à leur grandeur de résister au mouvement qui est ce que les modernes entendent par la masse.
Par les premiers effets de son action mécanique, l'éther détermine donc non seulement ces grandes masses de la terre, de l'eau et de l'air qui constituent avec lui les éléments de la nature au sens antique du mot, mais ces bulles qui en sont, au sens des atomistes, les parties intégrantes, définies et dernières. Et de ces premiers effets en devaient suivre d'autres, et nolamment la pesanteur et l'élasticité des corps, d'où dérivent, au dire de Leibnitz, tous . les phénomènes particuliers de notre globe terrestre, physiques, chimiques, et même biologiques, sans en excepter les phénomènes produits par nos machines i.
Le premier soin de Leibnitz est d'expliquer la pesan teur des corps, « hanc totius systematis affectionem », et il y voit à juste titre le premier problème de la Physique, « cum gravitas plerorumque in globo nostro extraordinariorum motuum causa, aut certe clavis sit, eorum ctiam, qui in speciebus privatim exeruntur^ ». Elle est due, selon lui, à un mouvement universel de l'élher, qu'il importe d'autant plus d'établir tout d'abord, qu'il en va désormais faire dépendre non seulement la pesanteur des corps, mais leur élasticité et toutes les propriétés qui en dérivent. Pour qui admet, en effet, le mouvement de la terre autour de son axe, et autour d'elle l'immobilité d'un élher très subtil agité simplement par l'action de la lumière, les choses se passent évidemment comme si la terre était immobile et comme si l'éther était animé autour d'elle d'un mouvement circulaire de direction contraire : « Cum igitur terra agatur circa proprium centrum ab Occidente versus Oricntem, ex hypothesi, sub-
1. « Ex hac » (scil. circulalione œlherisj deduco « motus maris et ventorum, verticitatem magnetis, ac denique, a quibus cœtera non naturœ minus quam arlis machinamenta pendent, Gravitatem et Elaterem. » Conclusio, p. 218. Cf. § 58, p. 211. Cf. Gerli., PhiL, I. p. 77.
118 ÉTUDES D'iIISTOmC DE LA PHILOSOPHIE.
lilissimus aether Terram circumclans contrario molu non lanlum retardalionis, sed et obnitcntiae Lucem seculus, inovebitur ab Oriente versus Occidenlein, cujus ctiam in Occano vestigia deprehenduntur i. » « Atque hic est ille Universalis motus in globo nostro lerr-aqu-aëreo, a quo potius quam atomorum figuris aut ramenlorum ac \orlicum varielalibus, res sunt repetendae 2. » Et ce n'est pas seulement autour de la terre que l'éther circule, mais en vorlu de sa subtilité même, grâce à laquelle il remplit tous les interstices ou tous les pores des autres éléments, c'est in terra et per terram, « quia totus aether circumterraneus, per se homogeneus, est instar Oceani aut aeris variis rivis, sinubus, lacubus, fretis, curipis omnia percurrens 3. » L'éther est donc comparable à un vaste Océan homogène, dans lequel baigneraient les parties hétérogènes des autres éléments, et qui serait emporté par un mouvement de circulation autour du centre de la terre. « Omne autem heterogeneum circulationem homogenei liquidi turbat ^ », et c'est la raison <( cur et aer et aqua et terra in aethere gravitent : nam circulatione ejus dejiciuntur. Cum enim turbent cii'culalionem, expellenlur ; non sursum, nam eo magis turbabunt (quia superficies sphaericae crescunt in duplicata ralionc diamctroruni, non in eadem cum diametris ratione ; ac proinde sectionum quoque in idem corpus agentium inaequalitas major evenit), ergo deorsum, id est descendent ^. »
1. Ibicl, § y, 18-i. Cf. ^ 13. p. 185. Le mouvement de l'éther n'est réel que si Ton suppose l'immobilité de la terre : voici le texte qui le prouve : « Quanquam, ut § quoque 35 (ce n'est pas 35, mais 55 qu'il faut lire) infra admonebitiir. ad summam Ilypotheseos noslrae nihil referai, an circulatio Terrae admittatur, cum Circulatio Lucis seu aetheris circa terram qua potissimum utimur, vid. § 9, facile se omnibus approbarc, n: fallor, possit. » § 2. Voici le paragraphe 55 : ■■<■ Qui negat motum terrae, motu aetheris cum sole seu luce circa terram contentus esse potest. » Cf. Lettre à Perrault. Archiv. I, 500.