‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 105 sur 319 · De Homine, X, 5. — Léviathan, I · texte numérisé non relu

De Homine, X, 5. — Léviathan, I

Voyez aussi le très intéressant chapitre de la Logique V/, du paragraphe 3 au paragraphe 12, et la conclusion de notre première étude qui le résume.

LA PHILOSOPHIE DE HOBBES

soient concluantes et que la vérité de la conclusion soit

connue *.

Mais si le langage nous met au-dessus des animaux en nous rendant accessibles la vérité et la science, il nous met au-dessous d'eux en nous exposant aux erreurs les plus

honteuses.

On pourrait dire pourtant qu'il est des erreurs communes à tous les êtres doués de sensibilité : « cependant ce n'est ni par nos sens, ni par les choses que nous sentons que nous sommes ainsi trompés, mais par nous-mêmes qui imaginons les choses telles qu'elles ne sont pas, ou qui présumons que celles qui ne sont que des images sont plus que des images. Cependant ni ces choses ni ces imaginations ne peuvent être appelées fausses, puisqu'elles sont réellement ce qu'elles sont, et qu'elles ne nous promettent pas, en qualité de signes, ce qu'elles ne nous montrent pas : car ces choses et ces imaginations ne nous promettent rien; c'est nous qui nous promettons à leur occasion 8. »

Au fond, la cause de l'erreur est donc dans notre négligence, et, pourrait-on dire, comme la signilicalion par le langage est volontaire, dans notre volonté ; la théorie se rapproche ici singulièrement de celle de Descartes : « En affirmant et en niant, les hommes se trompent, quand ils attribuent à une chose un nom qui n'est pas le nom de cette chose... C'est une faute dans laquelle les hommes seuls peuvent tomber, puisque les autres animaux n'ont pas l'usage des noms ; et c'est le seul genre d'erreur qui mérite le nom de fausseté, parce qu'elle ne vient pas de la sensation ni des choses elles-mêmes, mais de notre témérité à prononcer un jugement. Car les noms ne dépendent pas de la nature même des choses, mais de la volonté des hommes; ...c'est donc la propre négligence (de celui qui csl déçu) qui lui fait dire une proposition fausse 3. »

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