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LA PHILOSOPHIE DE HOBBES
par l'action centripète de l'objet sur le cœur i. 11 existe, en effet, une communication intime entre le cerveau et le cœur, et pendant que le cerveau réagit vers le dehors, ce qui détermine la perception, le cœur est impressionné par la continuation du mouvement nerveux centripète, ce qui produit le plaisir ou la douleur. On a vu plus haut (page 163) que l'organisme est le siège d'un mouvement vital, commencé avec la génération, se continuant pendant toute la vie : ce mouvement vital est-il favorisé par le mouvement qui aboutit du cerveau au cœur ? l'être éprouve du plaisir; est-il, au contraire, contrarié ou empêché? il éprouve de la douleur. C'est ce qui explique pourquoi le plaisir ou la douleur ne sont point rapportés, comme l'image, à l'objet extérieur, mais au contraire à l'organisme lui-même, puisque le mouvement émotionnel lend à se circonscrire dans l'organisme (Voyez note précédente).
Or « chaque homme appelle bon ce qui est agréable pour lui-même, et appelle mal ce qui lui déplaît 2 » ; et ces appellations diffèrent suivant le tempérament, le lieu, l'époque, etc. « 11 n'existe point une bonté absolue considérée sans relation, car la bonté que nous attribuons à Dieu même n'est que sa bonté relativement à nous 3. »
Nous appelons bonnes ou mauvaises les choses qui nous plaisent ou nous déplaisent. Dès lors, le bien et le but sont la jouissance ; donc le bien et la fln sont identiques dans le plaisir. 11 y a des fins prochaines et des fins éloignées ; les premières sont des moyens par rapport aux dernières ; or les fins sont bonnes, les moyens sont utiles en vue des fins *. « Lorsque dans la somme totale de la chaîne le bien fait la plus grande partie, le tout est appelé bon ; mais
î. « Et sicut phantasmata a conalii ad externa extra exislere, ita voluptas et dolor in sensione, propler conatum organi ad interiora, videntur intus esse, ibi nempe ubi est prima voluptaliâ sive doloris causa, ut in dolore a vulnere ubi est vulnus ipsum, ibi videtur esse dolor. » De Corpore, IV, eh. xxv, § 12.