Id., ibid., p
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
quand le mal fait pencher la balance, le tout est appelé
mauvais*. »
Mais le plaisir et la douleur deviennent aussitôt tendance à rechercher ou à fuir, amour ou haine, appétit ou aversion 2.
« Ce mouvement dans lequel consiste le plaisir ou la douleur est encore une sollicitation ou une attraction qui entraîne vers Tobjet qui plaît, ou qui porte à s'éloigner de celui qui déplaît ». » Ces mouvements, quoique imperceptibles et insensibles, existent dans le corps à l'état d'c//orls, « conaius ». Un « conatus » de ce genre, tourné vers sa cause, s'appelle appétit ou désir (« appelilus ») ; quand il tend à l'éloignemenl, il s'appelle aversion (« fuga »). Au fond Famour et le désir, la haine et Vaversion, sont identiques ; mais Vamour et la haine impliquent la présence de l'objet, le désir et Vaversion son absence*. De môme le désir n'est qu'un plaisir, et l'aversion qu'une peine; mais le plaisir et la peine se rapportent au présent ; le désir et l'aversion se rapportent au futur 5.
L'appétit et la fuite ne sont produits que par l'action continuée de l'objet qui provoque un conatus interne, véritable mouvement commencé. L'apparition de ce mouvement à la conscience est ce qu'on appelle « voluptas » ou « molestia animi » ; on voit donc bien que le désir et le
2. « On a fait voir... que les conceptions et les apparitions ne sont réellement rien que du mouvement excité dans une substance intérieure de la tôte ; ce mouvement ne s'arrêtant point là, mais se communiquant au cœur, doit nécessairement aider ou arrêter le mouvement... vital. Lorsqu'il l'aide et le favorise, on l'appelle plaisir, contentement, bien-être, qui n'est rien de réel qu'un mouvement dans le cœur, de même que la conception n'est rien qu'un mouvement dans la tête... Ce mouvement njîrùnblo est nommé amour relativement à l'objet qui l'excite... ; mais lorsque ce mouvement affaiblit ou arrête le mouvement vital, on le nomme douleur. Et relativement à l'objet qui le produit, on le désigne sous le inmi (le haine, » Nature humaine, pp. 218-219.