Léviaihan, I, ch. vi
5. « Appetitio et fuga a voluplate et molestia non aliter differunt quam desiderare et frui, id est quam futurum a praesenti. » De Corpore, IV, ch. ix, § 1.
lA PHILOSOPHIE DE HOBBES.
plaisir ont une origine commune et pour ainsi dire simultanée ; tout désir et tout amour est joint à quelque plaisir, toute aversion et toute haine à quelque peine *.
Les plaisirs ou peines qui naissent en présence de l'objet sont appelés « voluptates scnsuales » ou « dolores corporis ». Ceux qui naissent en son absence, par l'action de l'imagination, sont appelés « gaudia » et « dolores
animi » '.
Les passions (affectus -- perturbationes animi) ne sont que des formes de l'appétit, déterminées par la diversité et les circonstances des objets désirés ou haïs 3.
Nos conceptions, c'est-à-dire nos pensées et nos imaginations, exercent la plus grande influence sur la nature de nos passions : c'est une remarque digne de Spinoza *.
Elles dérivent d'abord de nos représentations du bien (gaudium), et du mal (odium) ^ ; elles dérivent ensuite de ce que nous considérons soit le présent, soit le passé, soit l'avenir *.
On les appelle perturbationes animi, parce qu'elles sont généralement un obstacle à la « vera ratiocinalio ».
Elles consistent, d'ailleurs, dans les divers mouvements du sang et des esprits animaux, qui tantôt se répandent, tantôt reviennent à leur source ; la cause de ces mouvements est dans nos représentations du bien et du mal, avec toutes leurs circonstances '. Encore ici nous touchons à la théorie cartésienne.
Hobbes énumère ensuite à plusieurs reprises, sans beaucoup d'ordre, les passions multiples de l'homme : il dis-