‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 129 sur 319 · Wd., pp. 294 et · texte numérisé non relu

Wd., pp. 294 et

LA PREUVE ONTOLOGIQUE CARTÉSIENNE

Le mérite de Descartes est donc considérable, puisqu'il a élevé à un si haut degré la probabilité de l'existence de Dieu * ; mais il l'eût élevée jusqu'à la certitude, si en vrai géomètre 2, il n'eût rien avancé qu'il n'eût pris garde tout d'abord de justifier pleinement.

Nous examinerons plus loin s'il était préférable, comme le soutient Leibnitz, de substituer dans l'argument à la notion du parfait celle de l'Etre par soi, et si l'on faisait vraiment ainsi l'économie d'une preuve difficile, ou même d'une démarche superflue de l'esprit. Mais, en tout état de cause, et qu'on partît de la première ou de la seconde, le point capital, selon Leibnitz, était d'en montrer avant tout la possibilité. Il est temps de nous demander à présent pour quelle raison profonde ce devoir s'imposait, et s'il est juste d'accuser Descartes de s'y être soustrait ou même de l'avoir complètement méconnu.

A première vue, on est tenté de trouver excessive l'importance qu'attache Leibnitz à ce qui ne nous paraît être qu'une question de méthode, qu'une précaution logique. Établir qu'une notion n'est pas contradictoire, quand il s'agit de franchir le passage de la représentation au réel, d'une idée de l'esprit à son objet absolu, cela n'est pas inutile sans doute, puisque la contradiction ruinerait, même dans l'esprit, à plus forte raison dans sa portée objective, la valeur de l'idée ; mais que nous en soyons beaucoup plus avancés, que nous le soyons assez surtout pour que la preuve soit achevée et qu'elle ait la rigueur d'une preuve mathématique, c'est ce que nous avons d'abord quelque peine à comprendre. Mais c'est qu'aussi nous ne pouvons plus, sans nous fniro \iolonce, rentrer' exactement dans la pensée de Leibnilz. Nous avons l'illu-

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