Ep. Ad. Foucher, Gerh., P/iil., I, p
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
lire les histoires. J*ay reconnu par l'expérience que celte méthode, en général, est bonne ; mais j'ay bien reconnu néantmoins qu'il y a des auteurs qu'il en faut excepter, comme sont parmi les anciens philosophes Platon et Anslote, et des noslres Galilée et Mons. des Caries. Cependant ce que je sçay des méditations métaphysiques et physiques de Mons. des Caries, n'est presque venu que de la lecture de quantité de livres écrits un peu plus familièrement, qui rapportent ses opinions. Et il peut arriver que je ne l'aye pas encor bien compris *. » Il a écrit aussi à Malebranche en 1679 : « Comme j'ay commencé à méditer alors que je n'estois pas encore imbu des opinions cartésiennes, cela m'a fait entrer dans l'intérieur des choses par une autre porte 2. » On voit combien Guhrauer^ se trompe quand il attribue à l'influence de Descartes la révolution qui s'opère dans l'esprit de Leibnitz, d'autant que Descartes qui condamne l'atomisme et le vide n'eût pu y incliner Leibnitz. Guhrauer a eu le tort de prendre au pied de la lettre le texte des Inilia Pacidii*, alors que ce texte marque seulement les noms de ceux qu'on pourrait appeler les patrons de la philosophie moderne ou des novateurs.
Sous l'influence de Bacon et de Gassendi, le jeune Leibnitz commença donc par donner dans le vuide et les atomes, comme il l'a souvent rappelé dans la suite s.