‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 164 sur 319 · Gerh., Phil, I, p · texte numérisé non relu

Gerh., Phil, I, p

ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ

avant lui, d'où il lire grandeur et figure, môme s'il reste certain qu'il n'en saurait tirer, sans l'intervention divine, telle grandeur et telle figure ; et ce quelque chose est l'espace ou du moins quelque chose d'étendu dans l'espace, c'est-à-dire la matière : tel est, sans aucun doute, le principe fondamental de la critique de l'atome développée dans la Conlessio naturae. Tel est aussi le principe essentiel de la doctrine exposée dans la lettre à Thomasius : ce qui existe avant tout le reste, avant toute qualité, toute grandeur, toute forme et toute figure, dès lors avant tout corps, c'est la matière première ou la masse (massa) ^ ; el quoique Leibnitz ne la confonde point avec l'étendue, puisqu'elle a de plus que l'espace l'impénétrabilité ou l'antitypie (crassum quiddam est et impenetrabile), elle tient de l'espace qu'elle remplit toutes les propriétés et tous les attributs de ce dernier. Elle est infinie comme lui et remplit le monde ; elle est continue et homogène ; « quantitatem quoque habet materia, sed interminatam, ut vocant Averroistae, seu indefinitam ; dum enim continua est, in partes secta non est, ergo nec termini in ea actu dantur (p. 18) » ; il n'y a donc primitivement en elle aucun vide, quoique Leibnitz ail dit un peu plus haut : « Mihi enim neque vacuum neque plénum necessarium esse, utroque modo rerum nalura cxplicari posse videlur (p. 16) »; et « si nulli in ea termini actu dantur, nec partes, nec denique figurae, quum figura sit terminus corporis », on doit conclure qu'il n'y a non plus primitivement ni atomes, ni aucun corps déterminé.

Pour qu'il y ait des corps, ou, ce qui revient au même, « ut varii in materia termini oriantur, opus est discontinuilate partium. Eo ipso enim dum discontinuae sunl partes, habet quaelibet terminos separalos (nam continua définit Aristoteles wv xà J^xata ïv ) ; discontinuitas aulem in massa illa prius continua duplici modo induci potesl, uno modo ut tollatur etiam simul contiguitas, quod fit

Page 1