de Volder, Gerh., P/til., II
LA PREMIERE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
principes d'où il partait alors, et qui enfin, sauf ces corrections et additions, jettent les fondements de quelques grandes doctrines destinées à survivre et à se développer dans la philosophie ultérieure de Leibnitz.
A tous ces titres, nous devons considérer l'ensemble des deux traités commjî l'œuvre capitale de Leibnitz avant 1672, et nous pensons qu'il faut l'étudier avec soin.
Que la Theoria motus abstracliy qui domine la Theoria motus concreti comme les principes dominent les conséquences (on verra plus loin comment), ait été conçue sous l'influence des idées et de la doctrine que Leibnitz avait exposée dans sa lettre VI à Thomasius et que nous avons définie dans le chapitre précédent, Leibnitz lui-même en témoigne dans le Phoranomus, où il revient en 168P sur ce traité de jeunesse pour en montrer l'esprit et l'enchaînement : « Ego igilur nihil aliud concipiendo in materia prima quam extensionem et impenetrabilitatem, vel uno verbo impletionem spatii, in motu nihil aliud intelligendo quam mutationem spatii, videbam corpus motum ab eodem quiescente singulis momentis eo saltem diffcrre, quod corpus in motu positum semper habet conatum quemdam *. » Or si la materia prima semble conserver par devers soi une essence ou une nature qui lui fait remplir l'espace (qui exige extensionem, comme dira plus tard Leibnitz), elle est par elle-même homogène et continue, c'est-à-dire sans déterminations d'aucune sorte (inlcrminata) 2, et c'est le mouvement seul qui est propre à lui donner les déterminations d'où naissent les corps individualisés, leurs changements et en conséquence toutes leurs qualités. Et le mouvement prend ainsi une importance d'autant plus grande ({u'il détermine les corps dans la materia prima comme il