‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 180 sur 319 · A r/jom., Gerh., Phil, I · texte numérisé non relu

A r/jom., Gerh., Phil, I

ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ

délermine les figures dans l'espace pur *, on sorte que les lois du mouveinenl réel dans la naluic sont identiques aux lois du mouvement qui détermine les figures géométriques et qu'ainsi c'est à la géométrie qu'il faut demander d'en rendre compte. Il faut noter ici en passant que le mouvement, défini par Leibniz comme mutatîo loci 2, et dans la lettre à Thomasius comme mulatio spalii 3, fonction par conséquent de l'étendue cl de la durée, dépend comme fonction de l'étendue de la science géométrique qui étudie en quelque sorte les conditions premières de ses trajectoires en tant qu'elles sont des figures, môme si en un autre sens il est dans la nature, ou mieux dans la materia prima, le principe de toutes les figures qui s'y réalisent ; et de la sorte s'il semble dominer et précéder la figure géométrique qu'il engendre dans le réel, il reste vrai pourtant qu'il dépend, d'autre part, des lois et conditions des figures idéales, et que ses propres lois dépendent de celles-ci. C'est donc un devoir pour nous, si nous voulons le connaître, de le tenir pour l'objet d'une connaissance géométrique ou, ce qui revient au même, puisqu'en géométrie connaître c'est conslruirc, d'en faire une construction géométrique, imaginaire peut-être, mais en tout cas exacte et rigoureuse *.

Les modernes, sur ce point, c'est du moins l'avis de Leibnitz, quelques progrès (ju'ils aient fait faire à la science du mouvement ou à la phoronomie, ont péché gravement : au lieu de s'attacher à déduire le monvrment de principes abstraits et purement rationnels, pour rendre compte ensuite des mouvements sensibles, apparents et réels, ils se sont, au contraire, appliqués à déduire

1. « Demonslrat enim (se. Malhesis} fîgiirns ex molu... Constructiones igitur figurarum sunl motus ; jam ex construclionibus affectiones de figiiris demonstranlur. Ergo ex motu, et per consequcns 0 priori, et ex causa. » Gerh., PhiL, I. p. 21.

Page 1