Gerh. Math., VI, p
vées des lois abstraites, se produisent dans le monde : et c'est l'objet de la première Dissertation, adressée à la S. R. de Londres, sous le titre également significatif dllijpoihèse physique nouvelle, qui désigne l'hypothèse générale de TÉlher, et de Théorie du mouvement concret.
Comme le disait Leibnitz, il y a donc une triple construction possible du mouvement * : « Gcometrica, id est imaginaria, sed exacla ; Mechanica, id est realis, sed non exacla ; et Physica, id est realis, et exacla. » A la géométrique, « quœ continet modos, quibus corpora construi possunt, licel saepe a solo Deo », répond la Theoria motus abstracti ; à la troisième ou à la « conslruclio physica, quoe continet modos quibus natura res efficere potest, id est quos corpora producunt se ipsis », répond la Theoria motus concreti ; quant à la seconde, ou à la mécanique, « quae continet « nostroi, » (se. modos motus producendi) », elle trouvera pour la première fois dans nos constructions physiques le fondement solide qui jusqu'alors lui avait fait défaut 2.
Ainsi se trouvent établis non seulenieul les rapports des deux traités, dans leur opposition singulière et curieuse, mais encore les rapports des mouvements réels et des mouvements abstraits, et enfin les rapports de la nature ou du monde des corps, continuant d'eux mêmes leurs mouvements sous l'empire des lois abstraites aussi bien que concrètes du mouvement, et du géomètre divins qui, sans violer les premières, leur a prescrit une fois pour toutes les unes et les autres.
La base de cette construction physique ou physico-géométrique des mouvements qui se produisent dans la nature ou des mouvements réels, apparents et sensibles, est donc la Theoria motus abstracti^ que nous allons à présent étudier.