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LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ
quent, rien d'autre que la vitesse d'un mouvement rectiligne et uniforme, considérée dans une durée infiniment petite.
A cet élément du mouvement, Leibnitz donne un nom qui, à lui seul, prouverait avec quelle fidélité il suit dans ce traité l'autorité de Hobbes : il l'appelle « conatus », empruntant a Hobbes, qu'il imite, non seulement le nom, mais à vrai dire la chose et sa définition. Et, pour le démontrer jusqu'à l'évidence, il sufiit de rappeler la définition que Hobbes, après avoir défini dans le De Cor pore la vitesse (velocitas est quantitas Motus per Tempus et Lineam determinata *), donne du conatus : « Conatum cssc motum per spatium et tempus minus quam quod datur, id est determinatur, sive expositione vel numéro assignatur, id est, per punctum^. »
Ce serait donc se tromper étrangement que d'attribuer originairement au mot conatus, comme on l'a fait souvent, el comme s'il était né chez Leibnitz d'une vue métaphysique, le sens vulgaire à'eUorl ou de tendance. Et quoiqu'il ait écrit plus tard dans le Phoranomus 3 que, dans la Theoria motus abstractl, il attribuait au « corpus in motu positum », « conatum quemdam seu (ut verbo Erhardi Weigelii*, insignis in Saxonia nialhematici, utar) lendeniiam », il faut bien se garder d'être dupe des mots : tendance et conatus signifient l'un et l'autre, comme le prouve la suite môfne du texte du Phoranomus, « initium pergendi », la vitesse prise pendant une durée infiniment petite, sans qu'à cette grandeur infiniment petite et purement géométrique on ait le droit d'attribuer autre chose qu'un sens purement phoronomique, bien loin qu'il soit métaphysique ou seulement dynamique.
Le propre du conatus est donc de parcourir dans une durée plus petite que toute durée donnée un espace plus