Ibid., IV, p
L\ PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
montre clairement dans tous les cas de choc que la résistance d'un corps dépend de sa grandeur non moins que de sa vitesse. De ce problème aussi la solution s'imposait ; et il revient, cela est évident, à chercher comment la résistance ou la potentia d'un corps dépend non seulement de sa vitesse, mais en outre de sa grandeur ou de sa masse, ou comment encore il échappe à l'application rigoureuse de la loi de la propagation à l'infini du conatus
dans le plein.
Or la solution de ce problème capital est indiquée par là même : si la propagation du conatus s'accomplit intégralement et à l'infini dans le plein, c'est-à-dire dans le sens de la longueur pour tout corps contigu, et dans le sens à la fois de la longueur et de la largeur pour tout corps cohérent ou continu, la loi phoronomique de la composition des conatus s'appliquerait encore d'une manière rigoureuse, mais conduirait à des résultats conformes à l'expérience si l'on considérait un conatus unique rencon trant une file de corps disconligus et a (orliori discontinus. Supposons, en effet, cette file ou, ce qui revient au môme, tous ses éléments, animés dans le sens de sa longueur d'un conatus de sens contraire au conatus de l'impingens. Il est clair que ce dernier rencontre d'abord le premier élément de la file considérée, et qu'après le concours il ne lui reste plus que l'excès de son conatus sur le conatus de l'élément choqué ; à la rencontre du second élément de la file, le conatus de l'impingens est donc réduit à cet excès ; il est encore diminué davantage à la rencontre du troisième, puis du quatrième, etc. ; en sorte que la vitesse (lu'il 'communique finalement à l'ensemble de la file dépend du nombre des éléments de cette dernière et, en somme, de sa grandeur. Et c'est pourquoi Leibnitz pouvait énoncer dans le paragraphe 21 de la Theoria cette formule obscure, à force de concision : « Corpus discontiguum plus resistit contiguo*. »