‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 226 sur 319 · bid., § 47, p · texte numérisé non relu

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sance proportionnelle à leur grandeur de résister au mouvement qui- est ce que les modernes entendent par la masse.

Par les premiers effets de son action mécanique, l'éther détermine donc non seulement ces grandes masses de la terre, de l'eau et de l'air qui constituent avec lui les éléments de la nature au sens antique du mot, mais ces bulles qui en sont, au sens des atomistes, les parties intégrantes, définies et dernières. Et de ces premiers effets en devaient suivre d'autres, et notamment la pesanteur et l'élasticité des corps, d'où dérivent, au dire de Leibnitz, tous les phénomènes particuliers de notre globe terrestre, physiques, chimiques, et même biologiques, sans en excepter les phénomènes produits par nos machines ^.

Le premier soin de Leibnitz est d'expliquer la pesan tcur des corps, « hanc totius systematis affectionem ». et il y voit à juste titre le premier problème de la Physique, « cum gravitas plerorumquc in globo nostro extraordinariorum motuum causa, aut certe clavis sit, eorum etiam, qui in speciebus privatim exeruntur^ ». Elle est due, selon lui, à un mouvement universel de Télher, qu'il importe d'autant plus d'établir tout d'abord, qu'il en va désormais faire dépendre non seulement la pesanteur des corps, mais leur élasticité et toutes les propriétés qui en dérivent. Pour qui admet, en effet, le mouvement de la terre autour de son axe, et autour d'elle l'immobilité d'un éther très subtil agité simplement par l'action de la lumière, les choses se passent évidemment comme si la terre était immobile et comme si l'éther était animé autour d'elle d'un mouvement circulaire de direction contraire : « Cum igilur terra agatur circa proprium centrum ab Occidente versus Oricntom, ex hypothesi, sub-

1. « Ex hac » (scil. circulatione œtlierisj deduco « motus maris €t ventorum, verticitatem magnctis, ac denique, a quibus cetera non naturœ minus quam aitis machinamenia pendent, Gravitatem et Elaterem. » Conclusio, p. 218. Cf. § 58. p. 211. Cf. Gerh., Phil., I, p. 77.

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ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

tilissimus aelher Terrain circumdans contrario molu non tantum relardalionis, sed cl obnilcntiae Lucem secutus, movebitur ab Oriente versus Occidentem, cujus etiam in Occano vestigia deprehenduntur*. » « Atque hic est ille Universalis motus in globo nostro terr-aqu-aêreo, a quo potius quam atomorum figuris aul ramcntoruni at vorlicum varietalibus, res sunt repetendae^. » Et ce n'est pas seulement autour de la terre que Téther circule, mais en vertu do sa subtilité môme, grâce à laquelle il remplit tous les interstices ou tous les pores des autres éléments, c'est in terra et per terram, « quia lotus aelher circumlerraneus, per se homogeneus, est instar Oceani aul aeris variis rivis, sinubus, lacubus, fretis, curipis omnia percurrens3. » L'éther est donc comparable ù un vaste Océan homogène, dans lequel baigneraient les parties hétérogènes des autres éléments, et qui serait emporté par un mouvement de circulation autour du centre de la terre. « Omne autem helerogeneum circulationem homogenei liquidi turbat* », et c'est la raison « cur et aer et aqua et terra in aethere gravitent : nam circulatione ejus dejiciuntur. Cum enim turbenl circulationem, expellenlur ; non sursum, nam co magis turbabunt (quia superficies sphaericae crescunt in duplicata rationc diametrorum, non in eadem cum diamelris ralione ; ac proinde seclionum quoque in idem corpus agentium inaequalilas major evenil), ergo deorsum, id est descendent &. »

1. Ibid., Sj 1), lU. Cf. S 13, p. 185. Le mouvement de l'éther n'est réel que si Ton suppose l'immobilité de la terre : voici le texte qui le prouve : « Quanqunm, ut § quoque 35 (ce n'est pas 35. mais 55 qu'il faut lire) infra admonebitur, ad sumiuam Ilypotheseos nostrao niliil referai, an circulalio Terrae admittatur, cura Circulatio Lucis seu aelheris circa terram qua polissimura utimur, vid. § 9, facile se omnibus approbare, ni fnllor, possil. » § 2. Voici le paragraphe 55 : « Qui negat motuni lerrae, molu aelheris cum sole seu luce circa terram contentus esse polesl. » Cf. Letlre à Perrault. Archiv. I, 560.

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